Sida : le nombre de morts divisé par deux en 10 ans, oui mais....

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BONNE NOUVELLE - Alors que la conférence internationale de recherche sur la maladie s'ouvre ce dimanche à Paris, le dernier rapport de l'Onu publié jeudi amène un vent d'espoir : le nombre de morts du sida a en effet chuté de moitié dans le monde en dix ans. En France cependant, l'évolution constatée des comportements sexuels n'est pas de bonne augure, selon un spécialiste.

C’est une victoire pour les malades, comme pour le corps médical et les chercheurs. Selon le rapport annuel sur le sida publié ce jeudi par l’ONU, le nombre de morts causées par l’épidémie a été divisé par deux en dix ans. En 2016, un million de personnes en seraient décédées dans le monde, soit près de moitié moins que lors du pic atteint en 2005. Pour l’organisme, "la balance a enfin penché". Un constat qui sera probablement partagé par les participants de la conférence internationale de recherche sur la maladie, qui se tient de dimanche à mercredi au Palais des Congrès à Paris.


Ce progrès est en partie dû à une meilleure diffusion des traitements contre le VIH. 53% des malades, soit 19,5 des 36,7 millions, y auraient désormais accès. Rien qu'en 2016, "on a pu mettre 2,4 millions de nouvelles personnes sous traitement. (...) Nous sommes en train de sauver des vies", s'est félicité Michel Sidibé, directeur exécutif de l'Onusida. Dans un précédent rapport publié en mai dernier dans la revue britannique The Lancet HIV, les bénéfices de la trithérapie étaient aussi mis en avant. Selon l’étude, elle a permis d’augmenter de dix ans l'espérance de vie des jeunes séropositifs. Une femme peut ainsi espérer vivre avec le virus jusqu’à 76 ans. C’est 73 pour les hommes.

La France, cette mauvaise élève

Malgré cette bonne nouvelle, la France compte encore 153.000 citoyens atteints du sida. 6.000 personnes découvrent chaque année qu’elles sont séropositives. Pour près de 30% d’entre elles, la contamination a déjà atteint un stade avancé. Et si le chiffre des contaminations est stable depuis 2011, certaines maladies ou infections sexuellement transmissibles, comme la " chaude-pisse", explosent.


Selon Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses de la Pitié-Salpêtrière interviewé par LCI, l’attitude des Français lors de leurs relations sexuelles est déplorable. Depuis quelques années, il observe le retour des comportements sexuels caractéristiques d’avant la pandémie du sida : non-utilisation du préservatif, multiplication des partenaires sexuels sans protection, etc.  Certaines complications oubliées, comme l’arthrite (inflammation des articulations) ou l’endocardite (inflammation de la paroi des valves cardiaques), referaient également leur apparition.


Les méconnaissances autour du virus sont aussi assez inquiétantes. Selon un sondage Ifop/Bilendi réalisé pour le Sidaction, 16% des Français pensent que le virus du sida peut être transmis en s'asseyant sur un siège de toilettes publiques, et 15% des personnes interrogées (27% chez les 15-24 ans) croient encore qu'il peut l'être en embrassant une personne séropositive. De plus, malgré de gros efforts de communication, seule une personne sur deux sait qu'il existe désormais un autotest de dépistage du sida vendu en pharmacie.

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