Remboursement des soins optiques : pourquoi une paire de lunettes coûte-t-elle aussi chère ?

SANTÉ - La ministre des Solidarités et de la Santé a précisé mardi les contours de la promesse faite par Emmanuel Macron, qui avait fixé l’objectif de 100% de prise en charge d’ici à 2022 pour les soins optique. Une promesse qui soulève la question des tarifs, souvent élevés en la matière. Explications.

"On n'est pas là pour offrir des montures Chanel à tout le monde ou des verres antireflet qui filtrent la lumière bleue". Interrogée sur la promesse de campagne d'Emmanuel Macron de rembourser à 100 % les soins d'optique, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a marqué les esprits mardi avec cette petite phrase, prononcée devant des journalistes. Une "punchline" prononcée à l'heure où le gouvernement commence à définir les contours d'une nouvelle loi santé. 


La ministre l'assure : "Le but est de se mettre d'accord sur un panier de soins nécessaires, et que tout le monde puisse y avoir accès". Il faut dire que, souvent, la facture pour une simple paire de lunettes s'envole. En 2013, l'UFC-Que Choisir avait publié une enquête qui avait fait grand bruit au cours de laquelle on apprenait qu'"avec un prix de vente moyen de 470 euros et un budget optique 50% supérieur à la moyenne européenne, les lunettes sont en France bien trop chères pour beaucoup d’usagers". 

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Un entrepreneur lance une gamme de lunettes à 18 euros

Selon le rapport de la Cour des comptes, les Français sont en effet en Europe parmi ceux qui dépensent le plus pour acheter des lunettes et lentilles. Ils ont déboursé 88 euros par habitant en 2010, contre 54 euros en Allemagne, 49 euros au Royaume-Uni, 36 en Italie et 30 euros en Espagne.

Trop d'opticiens en France ?

Comment expliquer une addition aussi salée ? Ces surcoûts proviennent principalement de la pléthore de points de vente (+47% ces 12 dernières années), estime l'association. Par conséquent, chaque magasin d’optique vend peu, avec en moyenne 2,8 paires de lunettes par jour. Avec environ seulement trois paires vendues par jour, ceux-ci doivent donc vendre très cher leurs produits pour couvrir leurs frais de fonctionnement.


Seconde explication : les remboursements opérés par les complémentaires Santé. Il s'agit en effet d'une spécificité française, puisque 40 % des Français ont des garanties haut de gamme en optique. Une bonne chose pour le consommateur, mais qui de facto permet aux opticiens de continuer de vendre à des coûts élevés.

Si le gouvernement Macron envisage de s'emparer de ce sujet, force est de constater que ces prédécesseurs ont déjà essayé de s'atteler à la tâche. Le 1er avril 2016, un décret est passé pour tenter de réduire la facture des complémentaires en matière de frais d’optique. Pour tous les nouveaux contrats signés ou renouvelés, les mutuelles ne peuvent plus dépasser un remboursement de 470 euros tous les deux ans pour des lunettes à verres simples, et 850 euros pour les dispositifs de correction les plus complexes. En clair : 150 euros au maximum pour la monture. L'objectif affiché par le gouvernement de l'époque ? Limiter les dépenses et engager une spirale baissière des prix.

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