Rendez-vous chez l'ophtalmo : vous êtes libre dans trois mois ?

Rendez-vous chez l'ophtalmo : vous êtes libre dans trois mois ?

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SANTE – Une enquête rendue publique ce mardi révèle les difficultés des Français à accéder aux consultations ophtalmologiques dans l'Hexagone. Dans certains départements, le délai d'attente peut atteindre un an alors que dans d'autres, de nombreux spécialistes n'acceptent plus de nouveaux patients.

Soixante dix-sept jours. Rien que ça. C'est, selon une étude rendue publique ce mardi par Yssup Research pour le groupe Point Vision, le délai moyen en France pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologue. L'enquête menée auprès de 2643 spécialistes en France métropolitaine révèle les difficultés des Français pour consulter, avec de fortes disparités selon les régions. Selon l'étude, 15 % des spécialistes interrogés n'acceptent d'ailleurs plus aucun patient. Un chiffre qui atteint même 30 à 65 % dans certains départements.

La palme du plus long délai revient au département de la Loire avec près de 7 mois d'attente. Le taux d'indisponibilité dans ce département dépasse même les 65 % parmi les praticiens interrogés. Le Finistère, l'Isère et la Seine-Maritime sont aussi mal lotis avec en moyenne des délais d'attente supérieurs à 152 jours. En haut du classement des délais les plus courts, on trouve Paris, les Hauts-de-Seine, les Alpes-Maritimes et les Bouches-du-Rhône, avec en moyenne 24 à 40 jours d'attente. La capitale, qui fait aussi partie du trio de tête en ce qui concerne l'accès aux soins dans les grandes villes, suivie par Marseille et Bordeaux avec respectivement 24,7, 24,8 et 27,4 jours d'attente en moyenne. Pendant ce temps, à Rennes et Toulouse, il faudra patienter trois mois pour obtenir un rendez-vous.

Les progrès de la science, une surcharge de travail

Cette enquête nationale, menée par le groupe Point Vision dont les centres proposent des rendez-vous en moins de 48 heures sans pour autant être "low-cost", illustre les difficultés d'accès aux soins que connaissent les Français. Déserts médicaux, manque de professionnels du secteur 1 (à savoir qui appliquent les tarifs de la sécu, soit 28 euros pour les ophtalmologues ), dépassements d'honoraires, etc. Mais reflète aussi une autre réalité.

Pour le docteur Jean-Antoine Bernard, ophtalmologue récemment retraité, ce phénomène s'explique d'abord une demande qui explose et une offre qui se réduit. "La population est vieillissante, donc il y a plus de pathologies à soigner. Par ailleurs, certaines maladies qui ne se soignaient pas il y a 20 ans le sont aujourd'hui". Une bonne nouvelle, certes, mais aux effets pervers puisqu'elle induit une surcharge de travail pour l'ophtalmologue. Le spécialiste pointe aussi du doigt un internat d'ophtalmologie au nombre de places limitées. "Ca fait des années qu'on réclame une augmentation à cor et à cri !", fustige-t-il. Aujourd'hui, ce sont les patients qui en font les frais.

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