"Reporter ses soins se fait au détriment de la prévention"

"Reporter ses soins se fait au détriment de la prévention"

Santé
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SANTE - Jean-François Poletti, associé Conseil Santé spécialiste des Assurances et Mutuelles chez Deloitte commente le Sofinscope pour metronews.

Le baromètre montre que les Français renoncent de plus en plus aux soins de santé ou se tournent davantage vers des alternatives moins onéreuses. Pourquoi selon vous ?
Les motifs sont multiples : des soins trop coûteux, trop d'attente avant de voir un médecin ou encore trop d'éloignement géographique. Surtout, avec la crise et les limites de notre système de remboursement, ce qu'il reste à payer demeure trop élevé pour les Français. Mais il ne faut pas oublier que reporter ses soins se fait au détriment de la prévention. Un problème bucco-dentaire non traité peut entraîner d'autres maladies.

Sur quels domaines de santé les Français font-ils le plus souvent l'impasse ?
L'optique, car les patients retardent le plus possible l'acquisition de nouvelles lunettes, puis le dentaire. L'Assurance maladie rembourse peu les prestations dans ces deux domaines.

C'est pour cela qu'une loi a été votée en 2013 pour que les entreprises ne disposant pas encore de mutuelles santé collectives adoptent une couverture santé minimale pour leurs salariés d'ici 2016. L'automédication se fait également de plus en plus importante pour ce qu'on appelle la "bobologie" : pour un rhume ou une grippe, les patients ne vont pas consulter et se rendent directement chez le pharmacien.

N'est-ce pas problématique, alors que l'espérance de vie ne cesse d'augmenter ?
Il faut prendre toutes les mesures pour sauvegarder notre système de protection sociale actuel. Au risque de voir apparaître une santé à deux vitesses, où seules des personnes qui auront les moyens de s'autofinancer pourront se soigner. Pour que le budget santé garde une place importante dans le quotidien, il faut réfléchir à d'autres axes de travail.

Outre le médicament générique, on peut se pencher sur la piste de la télémédecine et travailler à une meilleure coordination des soins entre les différents corps de métier dans le médical. En détectant les maladies le plus précocement possible, cela limite déjà les volumes de frais engagés pour se soigner. Je préfère miser sur des réformes plutôt que le low-cost.
 

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