"Délivrance" pour certains, "pas le moment" pour d'autres… Les scientifiques partagés sur la fin du masque à l'école primaire

Vers la fin du port du masque dans les écoles à partir du 4 octobre dans certains départements, annonce Gabriel Attal

BAS LES MASQUES - Le porte-parole du gouvernement a indiqué ce mercredi que le masque ne sera plus imposé dans les écoles primaires, à compter du 4 octobre, dans certains départements. Les professionnels de santé restent divisés sur la question.

Après les restrictions, place aux assouplissements. À l'issue d'un Conseil de défense sanitaire organisé ce mercredi matin à l'Élysée, le porte-parole du gouvernement a annoncé plusieurs allègements dans la lutte contre l'épidémie, qui marque le pas en métropole. Parmi eux, la fin progressive du masque à l'école primaire : "À partir du lundi 4 octobre, dans les départements où le taux d'incidence se stabilise en dessous du seuil de 50 cas pour 100.000 habitants, le protocole scolaire passera au niveau 1", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, au cours d'un point presse. "Cela signifie essentiellement que l'obligation du port du masque à l'école primaire y sera levée."

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Pour certains professionnels de santé, la fin du masque à l'école relève du bon sens. "C'est une délivrance", jugeait ce mercredi matin sur LCI le Dr Edwige Antier, pédiatre, avant les annonces de Gabriel Attal. Elle estime que cet assouplissement, "urgent" selon elle, sera bénéfique pour l'apprentissage des enfants. "Les jeunes enfants n'écoutent pas seulement avec les oreilles, mais beaucoup plus avec les yeux", rappelle-t-elle. "Ils regardent les lèvres et déchiffrent ce que dit le professeur. Avec le masque, il y a une perte énorme de communication."

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Dr Edwige Antier : "Renoncer au masque à l'école pour les moins de 12 ans est urgent, ce serait une délivrance"

Le Dr Edwige Antier estime toutefois que les adultes au contact des enfants devront être vaccinés. "La fin du masque chez les enfants était l'une des premières mesures à prendre, avec la vaccination de toutes les personnes en charge des enfants", poursuit-elle. "Les parents et les éducateurs doivent être vaccinés pour permettre aux enfants, enfin, d'entendre avec les yeux ce qu'ils voient sur la bouche du professeur."

"Paradoxal de libérer en premier ceux qui ne sont pas vaccinés"

Car, rappelons-le, les moins de 12 ans, eux, ne sont pas éligibles à la vaccination. "C'est un peu paradoxal de libérer en premier ceux qui ne sont pas vaccinés", note sur LCI Frédéric Lapostolle, professeur de médecine d'urgence à l'hôpital Avicenne (Bobigny). "Mais la question de la vaccination des enfants va arriver sur la table. Des études viennent d'être publiées et montrent que le vaccin marche aussi bien dans la population pédiatrique que générale."

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Toutefois, cet assouplissement n'est pas du goût de tous les professionnels de santé. "Ce n'est pas le moment", oppose par exemple l'épidémiologiste Catherine Hill, qui rappelle que "plus de 70 morts" sont toujours enregistrés chaque jour dans le pays. "Je n'ai jamais été convaincue de l'importance colossale du masque chez les enfants, mais c'est un plus", admet-elle à LCI.

En cause, la couverture vaccinale inexistante chez les moins de 12 ans, et encore trop faible chez les plus âgés. "Actuellement, huit millions de personnes de plus de 12 ans ne sont pas vaccinées et les 9,4 millions de moins de 12 ans ne le sont pas non plus. Le virus circule surtout chez ces 17 millions de personnes", assure-t-elle. "La circulation du virus n'est pas grave pour les enfants, mais ils contaminent les adultes qui sont proches d'eux. Donc tout ce qui permet de réduire la circulation du virus dans les écoles est une bonne chose."

"Il va falloir rester très vigilants", prévient de son côté le Pr Robert Cohen, pédiatre et infectiologue à l'hôpital intercommunal de Créteil. "La transmission des virus est accrue pendant la saison froide, qui arrive", rappelle-t-il sur LCI. "Cela nous paraît bien d'enlever le masque pour les enfants en primaire, mais la surveillance est fondamentale. Nous pouvons être amenés à adapter cette mesure à la circulation virale."

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