Retour au travail des personnes vulnérables : l'inquiétude monte

Retour au travail des personnes vulnérables : l'inquiétude monte

CORONAVIRUS - Alors que l'épidémie repart, le retour au travail des personnes vulnérables, officialisé par un décret gouvernemental, suscite inquiétudes et réserves chez les associations de patients et professionnels de santé. Ils jugent les exemptions trop restrictives.

Le 1er septembre, le ministère du Travail et de l'Emploi a mis fin au dispositif exceptionnel d'indemnisation dont bénéficiaient les travailleurs vulnérables depuis le 1er mai face à la crise sanitaire du coronavirus. Ces personnes et leurs proches, après s'être fait prescrire un certificat d'isolement par leur médecin, pouvaient rester chez eux en télétravail ou, quand cela n'était pas possible, bénéficier du chômage partiel. 

Pour mettre un terme au dispositif, le ministère du Travail et de l'Emploi s'est appuyé sur un avis du Haut Conseil de santé publique (HCSP). "Les personnes à risque de forme grave de Covid-19 peuvent reprendre une activité professionnelle sous réserve que leur soit donnée la possibilité de mettre en œuvre les mesures barrières renforcées". 

Au regard des scientifiques du HCSP, le retour au travail ne souffrait aucune exception.

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"Des trous dans la raquette"

Le nouveau décret prévoit cependant le maintien du système d'indemnisation pour les plus fragiles des plus vulnérables, ceux qui présentent un risque élevé de développer une forme grave de la maladie. Sont ainsi concernés les malades atteints d'un cancer évolutif, d'une immunodépression, d'une insuffisance rénale chronique sévère, les dialysés et les personnes de plus de 65 ans présentant un diabète associé à une obésité ou à des complications micro ou macrovasculaires. En revanche ne se trouvent plus dans cette liste les plus de 65 ans, les personnes ayant des antécédents cardiovasculaires, un diabète non équilibré, une pathologie chronique respiratoire ou encore une obésité. Eux peuvent reprendre le travail avec des précautions sanitaires renforcées.

"On est content de limiter un peu la casse pour les personnes à risques très élevés même si c'est trop restrictif et qu'il y a des trous dans la raquette", souligne Féreuze Aziza, conseillère technique Assurance maladie pour la fédération d'associations de patients France Assos Santé. De son côté, Renaloo, qui représente les dialysés et insuffisants rénaux, se dit "très réservée sur l'exclusion de certaines pathologies pourtant associées à un risque élevé avéré", comme l'obésité morbide et certaines affections cardiaques ou respiratoires. Côté médecins, la Société de pneumologie de langue française déplore que soient "exclus de facto les patients insuffisants respiratoires chroniques au sens large. Un oubli qui pourrait avoir de graves répercussions".

Renaloo a adressé une lettre ouverte au Premier ministre Jean Castex. "Il s’agit, face à la crise majeure que nous traversons, d’impératifs avant tout moraux, humains, et de solidarité en direction de celles et ceux qui vivent au quotidien le fardeau d’une maladie chronique grave et de traitements lourds, aggravé par la menace d’un virus qui, pour eux, s'avère hautement mortel". 

Dans un communiqué, France Assos Santé réclame pour sa part "la prise en charge de transport individuel dans le cas où les distanciations physiques ne soient pas possibles dans les transports en commun" pour les salariés vulnérables.

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