Retour du Levothyrox ancienne formule : pas de préjudice d'anxiété reconnu pour les patients

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JUSTICE - Un groupe d'une vingtaine de patients qui poursuivait le laboratoire Merck, fabricant du Lévothyrox, a été débouté par le TGI de Toulouse, ce jeudi 11 janvier.

Nouvelle défaite pour les patients en colère contre le laboratoire Merck, en charge de la production du Levothyrox, ce médicament pris par les personnes souffrant de la thyroïde. Ainsi, un groupe de 23 malades, qui reprochait au groupe allemand de n'avoir pas fourni l'ancienne formule - toujours vendue dans d'autres pays d'Europe aujourd'hui rebaptisée Eurothyrox - dans les pharmacies françaises, alors que la nouvelle formule avait développé des effets secondaires indésirables chez ses consommateurs, a été débouté par le tribunal de grande instance de Toulouse, jeudi 11 janvier.

Plusieurs victoires successives pour Merck

Les plaignants, qui voulaient se voir reconnaître un préjudice d'anxiété, au titre du stress généré par l'incertitude de pouvoir s'approvisionner en nouvelle formule, ont également été déboutés de ce côté-là. Le juge, saisi en référé, n'a pas pu se prononcer sur le fond. De quoi encourager leur avocat Me Levy à annoncer que la bataille judiciaire n'était pas finie, bien décidé à entamer, en compagnie d'un huissier de justice, une "tournée des pharmacies" pour faire la démonstration que l'Eurothyrox n'est plus disponible.


Car c'est bien là qu'est le nœud du combat judiciaire. A l'automne dernier, les malades de la thyroïde avaient tiré la sonnette d'alarme en pointant du doigt le peu de boîtes d'Eurothyrox réimportées en France pour pallier l'impossibilité pour eux de s'administrer la nouvelle formule, chargée en effets secondaires tels que des douleurs articulaires et musculaires, chute de cheveux ou vertiges.

De la difficulté de prouver le préjudice

Si Merck s'est vu intimer l'ordre par la justice de réimporter le médicament, notamment par le TGI de Toulouse le 25 novembre, le groupe pharmaceutique a obtenu gain de cause par la suite, lorsque la justice a reconnu qu'il avait bel et bien obéi à cette injonction, alors qu'il était poursuivi par une quarantaine de patients. Ce dont s'est réjoui son avocat en estimant que le juge avait "constaté qu'il n'y avait pénurie, ni préjudice d'anxiété".

Une demi-victoire, prévient Me Levy, qui estime que cette victoire est surtout due à l'absence de pièces fournies par les plaignants pour prouver le préjudice. "Il a raison de dire que mes clients n'apportent pas la preuve qu'ils ont l'impossibilité de se fournir en médicaments". Evoquant la prochaine échéance judiciaire où il défendra des patients, l'avocat rassure : "A Castres, on ira devant le tribunal lorsqu'on aura toutes les pièces."

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