Retrait de compteurs Linky pour raisons médicales : "Une décision qui va marquer"

Santé
LINKY - Alors que le tribunal de grande instance de Tours a demandé le retrait pour raisons médicales du compteur Linky chez 13 particuliers qui l'avaient saisi, Vincent Licheron, chargé de mission environnement de l'association de consommateurs CLCV, était l'invité de La Matinale ce jeudi 1er août sur LCI.

Le feuilleton judiciaire continue pour Linky. Depuis son arrivée sur le marché, le "compteur intelligent" proposé par Enedis fait l'objet d'inquiétudes et de contestations. Ce mardi 30 juillet le tribunal de grande instance de Tours a enfin donné raison aux électrosensibles, en demandant le retrait du compteur de chez de treize particuliers pour raisons médicales. 


Vincent Licheron, chargé de mission environnement de l'Association nationale de défense des consommateurs et usagers CLCV, explique que ce n'est pas forcément une première "car il y a déjà eu des décisions en ce sens", mais estime néanmoins que "le grand nombre de personnes concernées en fait une décision qui va marquer".

La justice reconnaît à son tour la souffrance des électrosensibles

Sur 121 référés anti-Linky déposés par les habitants de la région centre, 108 ont été rejetés et 13 ont donc été admis. Pour l'un d'entre eux, un enfant de 7 ans domicilié à Tours, le tribunal a admis que l'état de fatigue chronique et les difficultés de sommeil - attestés par un certificat médical - pouvaient être en rapport avec le compteur Linky. "Sur ce cas là en revanche, c'est une première", concède Vincent Licheron. "On a encore jamais entendu parlé d'un enfant ayant développé des problèmes de sommeil suite à la pose du compteur, avec un réel avant-après", explique-t-il. Depuis le début, "nous essayons de savoir s'il y a bien des perturbations dû au Linky, là le juge vient de donner raison à ces personnes souffrant d'électrosensibilité, jusqu'à présent ce n'était pas tout à fait reconnu", continue le représentant de l'association de clients.


Cette reconnaissance par la justice vient compléter l'avis des experts missionnés sur le sujet. Le rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sur le compteur d'Enedis indiquait ainsi en 2018 reconnaître que les électrosensibles souffraient et que cette souffrance devait être prise en charge. Pour Vincent Licheron, "c'est une avancée car jusqu'à présent, l'attitude vis à vis de ce problème était de fermer les yeux et balayer d'un revers de la main les problèmes physiques réels de ces personnes électrosensibles".

Un champ magnétique inférieur à celui d'un smartphone

Pour autant, la même Anses établissait dans un second rapport que le champ électromagnétique du compteur Linky est faible, très inférieur aux valeurs limites d'expositions réglementaires et surtout, équivalent à d'autres équipements électriques dans la maison. Des affirmations étayées par Vincent Licheron : "L'utilisation quotidienne d'un téléphone portable, l'avoir près de soi durant la nuit, comporte plus de risques que la pose de ce compteur. On peut aussi parler des plaques de cuisson, du micro-onde, des chargeurs, dont l'utilisation cumulée peuvent avoir un impact bien plus important que Linky".


En cas de doute et avant d'enclencher des démarches, "chacun peut déjà faire analyser l'exposition aux ondes subie à la maison", rappelle le chargé environnement. En effet l'Agence nationale des fréquences (ANFR) peut se déplacer gratuitement pour réaliser des mesures à votre domicile.

S'appuyant sur ces études, la CLCV ne compte pas demander le retrait du marché du compteur Linky, mais reste simplement attentive à ce qu'il se passe. "Jusqu'à présent il n'y a aucun risque, mais en voyant des décisions comme celle du Tribunal de Tours, on va demander à ce qu'il y ai plus d'études", tempère Vincent Licheron. De son côté, Enedis continue de clamer l'innocuité de son appareil et décrit ces cas comme "extrêmement rares". La compagnie s'est de ce fait engagée à faire appel de la décision du tribunal.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter