Round Up - L'OMS déclasse le glyphosate comme cancérigène "improbable"

Santé
PESTICIDE – Une nouvelle étude menée par l’OMS et la FAO estime "improbable" que l’herbicide de Monsento "constitue un risque cancérogène pour l’homme".

Marche arrière toute ! Une nouvelle expertise des experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), publiée ce lundi 16 mai, met hors de cause l’herbicide mis au point par Monsanto. D’après les conclusions, "le glyphosate est peu probablement génotoxique (toxique pour l’ADN) aux expositions alimentaires anticipées". Cette étude intervient juste avant le vote du comité européen qui doit statuer sur la ré autorisation du Roundup, les 18 et 19 mai.

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Un risque cancérogène "improbable"

Ainsi l’expertise scientifique du Joint Meeting on Pesticides Residues (JMPR), un comité commun à l’OMS et l’ONU, affirme qu’"il est improbable que le glyphosate pose un risque cancérogène pour les humains, du fait de l’exposition par le régime alimentaire." Une étude qui va dans le sens du rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui avait conclu à l’absence de danger pour l’homme.

Mais ce nouvel avis contredit les travaux du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), dépendant de l’OMS. Son rapport, publié en mars 2015, classait le glyphosate comme une substance "probablement" cancérigène.

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Des conflits d’intérêts ?

Qui a raison et qui a tort ? Personne, selon les institutions. Les comités d’experts de l’OMS et de la FAO affirment que les objets des études sont "différentes mais complémentaires". Ainsi, "le CIRC passe en revue des études publiées pour identifier les risques potentiels de cancer. Il n’estime pas le risque encouru par des populations associées avec une exposition à ce risque", selon la même entité. L’exemple donné est que les ultraviolets sont classés comme cancérogènes alors que l’exposition de la population générale au soleil ne représente pas un risque cancérogène.

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Si l’on en croit ce nouvel avis, une dose inférieure à 1 mg de glyphosate par kg de masse corporelle ne présenterait pas de risque de cancer. Cette publication déclenche la colère de certaines ONG comme Greenpeace. Selon les informations du journal Le Monde (article en accès payant), elles reprochent à la présidence et la vice-présidence du JMPR des conflits d’intérêts. Certains de ses membres appartiendraient à une organisation de lobbying scientifique financée par des producteurs de glyphosate, Monsanto inclus.

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