Des contaminations record mais peu de masques à Basildon, ville britannique la plus touchée par le Covid

Des contaminations record mais peu de masques à Basildon, ville britannique la plus touchée par le Covid

REPORTAGE - L'épidémie de Covid-19 a fait plus de 1000 morts au Royaume-Uni ces dernières 24h. Sur la liste des villes les plus touchées, la commune de Basildon se hausse en première position. Comment en est-on arrivé là ?

La pandémie gagne du terrain chez nos voisins britanniques. Le pays d'Europe le plus touché par le Covid est soumis depuis mercredi à un confinement national jusqu'à la fin du mois de février. Au Royaume-Uni, les compteurs s'affolent. Alors que le pays enregistre quotidiennement 50.000 contaminations en moyenne, il a fait état de plus de 1000 morts ces dernières 24 heures.

Outre-Manche, c'est l'Angleterre qui est la région la plus touchée. Située au sud de la capitale londonienne, la ville de Basildon est celle qui enregistre le taux de contamination le plus élevé du pays. Sur la route, les ambulances sont nombreuses. Au total, un habitant sur quinze ont été atteint par le virus dans cette commune du comté d'Essex. En guise de comparaison, environ un individu sur cinquante en Angleterre a été contaminé par le Covid-19, selon les données britanniques.  

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Comment expliquer ce triste record à Basildon ? Dans cette ville de plus de 100.000 âmes, on aperçoit une certaine négligence sur le respect des mesures sanitaires. Une fois arrivée dans le centre-ville, une partie de la population semble avoir laissé son masque chez soi. "Ça me fait mal", justifie un passant le visage découvert. Malgré une troisième vague violente, le port du masque n'est pas obligatoire dans les rues de l'Angleterre. Seulement à l'intérieur des commerces. Une règle largement bafouée par la population. 

À la caisse d'un supermarché, de nombreux clients font la queue - sans masque. Ils patientent à moins d'un mètre l'un de l'autre. "J’ai porté le masque toute la matinée. J’ai besoin d’une pause mais je vais bientôt le remettre", explique un individu. À l'entrée du magasin, personne ne contrôle le respect des règles sanitaires, de peur aussi de faire fuir les clients. "On n'est pas la police, on ne peut pas demander aux clients de porter le masque, sinon ils risquent de s'énerver", explique une vendeuse.

24 morts du Covid le week-end dernier

En attendant, certains riverains s'agacent de ces comportements qu'ils jugent irresponsables. "Les gens disent que le Covid est une blague, ils ne respectent aucune règle. Moi je me protège à cause de mon âge", peste un septuagénaire ayant lui-même perdu un ami mort du Covid-19. Si les restrictions accrues de novembre semblaient avoir temporairement stabilisé la hausse des infections dans cette ville, le taux a recommencé à grimper au début du mois de décembre. "Les services locaux du NHS sont donc mis à rude épreuve", affirmait le Dr Mike Gogarty, le directeur de la santé publique du Conseil du comté d'Essex, début décembre à la BBC. 

Le week-end dernier, l'hôpital de la ville a enregistré 24 morts du Covid. La plupart des victimes étaient atteints du nouveau variant du virus découvert mi-décembre sur le territoire britannique. "En deux jours seulement, j'ai vu cinq personnes mourir autour de moi pendant que j'étais hospitalisé", déplore un patient qui sort de l'établissement. Dans cette commune anglaise, le taux de contamination a plus que doublé depuis le deuxième confinement au Royaume-Uni. 

Actuellement, les personnes de plus de 80 ans sont appelées à se faire vacciner. Dans l'un des centres de vaccination de la ville, on croise des centaines de patients prêt à se faire inoculer le sérum sur rendez-vous. "Il faut en finir avec ce virus dans l'intérêt de tous", s'est exprimé l'un des patients. 

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D'ici la mi-février, le gouvernement britannique espère vacciner 13 millions de personnes fragiles. Plus de 1,3 million de personnes vulnérables et de soignants ont déjà été vaccinés depuis le lancement de la campagne début décembre. Elle est désormais menée avec deux vaccins, le Pfizer/BioNTech et l'AstraZeneca/Oxford.

Le secrétaire d’État chargé de cette campagne, Nadhim Zahawi, a promis une "accélération massive" de la vaccination avec le déploiement de plus de 1.000 centres dédiés, plus de deux millions de vaccinations par semaine étant nécessaires.

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