Levothyrox, Mediator, Dépakine... : comment améliorer les remontées d'informations lors de crises sanitaires ?

MÉDICAMENTS - Ce lundi, la ministre de la Santé reçoit un rapport listant une série de recommandations pour encourager les remontées d'informations de patients et professionnels de santé afin de tirer les leçons de crises sanitaires récentes, comme celle du Levothyrox.

Le rapport rédigé par la "mission information et médicament" co-dirigée par Magali Leo de l'association Renaloo et le médecin urgentiste Gérald Kierzek, a été commandé après le scandale du Levothyrox. La ministre de la Santé Agnès Buzyn en recevra ce lundi les conclusions, qui listent une série de recommandations pour améliorer les informations liées à l'utilisation des médicaments.


Selon ce rapport de 96 pages, sept erreurs ont été recensées avec des médicaments comme la Dépakine, le Mediator ou le Levotyhrox, comme l'absence d'anticipation des pouvoirs publics, l'absence de réaction aux nombreux signaux repérables sur internet (pétition) ou encore la minimisation du ressenti des malades et de la légitimité de leurs signalements. 

Sur la base de ces conclusions de cette mission, Agnès Buzyn a dit dans un communiqué qu'elle s'engagerait "pour une information plus accessible, plus claire et plus réactive sur le médicament". La ministre entend "encourager les remontées d'information de patients et de professionnels de santé" avec la mise en place dès cette année d'une "stratégie de promotion de la déclaration des événements indésirables et le développement des technologies permettant de repérer des signaux faibles d'alerte en dehors du système de pharmacovogilance (réseau spécialiste de surveillance des risques liés aux médicaments)".


Dans son rapport, la mission d'information juge "nécessaire" d'adopter une communication "plus cohérente, plus rapide et plus transparente" dans les contextes de crise. Elle préconise une "source unique" d'information sur les médicaments ainsi qu'un "effort accru de transparence" afin de rétablir ou de renforcer la confiance dans les autorités sanitaires.

Les patients représentés au Comité économique des produits de santé

Pour répondre à ces recommandations, Agnès Buzyn a décidé de mettre en place "une source unique d'information publique sur le médicament en s'appuyant sur sante.fr", le service public d'information en santé, en y intégrant le contenu du site officiel sur les médicaments (medicaments.gouv.fr). De même, le ministère indique que, pour la première fois, les patients vont être représentés au Comité économique des produits de santé (CEPS) qui négociait, jusque là sans eux, les prix des médicaments remboursés et les rabais avec les laboratoires.

   

La ministre de la Santé annonce aussi la généralisation du Dossier Médical Partagé (DMP) par l'Assurance maladie sur l'ensemble du pays "à compter d'octobre 2018". Ce dossier santé informatisé contribuera, avec le dossier pharmaceutique, à 

"faciliter la coordination des soins entre les prescripteurs" et les pharmacies.

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Le scandale Dépakine

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