Préventions des addictions : plusieurs médecins demandent à l’État "une taxe sur les boissons alcoolisées"

Santé
DirectLCI
APPEL - L'alcool est "le grand absent du financement" du fonds de lutte contre les addictions aux substances psychoactives, s'insurgent des médecins dans une lettre ouverte à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, ce jeudi.

S’agit-il d’un simple oubli, ou de ne pas briser un tabou très français ? Quoi qu’il en soit, plusieurs médecins se sont associés pour écrire une lettre ouverte à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, après avoir constaté que le fonds de prévention contre les addictions aux substances psychoactives, dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2019, sera principalement financé par les taxes du tabac et le "produit des amendes forfaitaires sanctionnant la consommation de cannabis". Or, l'alcool est, de très loin, la substance psychoactive la plus consommée en France...

49.000 morts par an

Dans le détail, l’alcool, c’est 49.000 morts annuelles directement causées par sa consommation, la deuxième cause de cancers, la première cause de mortalité chez les 15-30 ans, la première cause de démence précoce, la première cause de retard mental évitable de l'enfant (né d'une femme qui buvait pendant la grossesse), et sa consommation est aussi impliqué dans plus de la moitié des violences faites aux femmes et aux enfants. Pour les médecins signataires, la focalisation sur le tabac et le cannabis "relève d'un effet d'annonce sans commune mesure avec la dimension du problème".

Ils demandent donc dans cette missive que la loi de financement de la Sécurité sociale intègre dès 2019 "une taxe sur les boissons alcoolisées" proportionnelle aux degrés d'alcool "pour financer les soins" et "une taxe sur les dépenses de publicité, y compris sur internet - pour financer la prévention". Ils déplorent, au passage, que la prévention gouvernementale en matière d'alcool se limite à une "discussion dérisoire" sur la taille en millimètres du pictogramme "interdit aux femmes enceintes". 


Emmanuel Macron, qui confiait en mars boire "du vin le midi et le soir" en assurant que la loi Évin ne serait pas durcie sous son mandat, entendra-t-il cet appel ?

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter