Les pharmaciens bientôt autorisés à délivrer des médicaments sans l'ordonnance d'un médecin ?

Les pharmaciens bientôt autorisés à délivrer des médicaments sans l'ordonnance d'un médecin ?
Santé

SANTE - Un nouvel amendement proposé par Thomas Mesnier, député La République en marche et rapporteur du projet de loi Santé, pourrait bientôt permettre aux pharmaciens de pouvoir délivrer des médicaments normalement prescrits sur ordonnance, en cas de petites urgences, les soirs et les week-ends.

C'est un dimanche soir, vous êtes pris d'une méchante cystite, d'une conjonctivite ou d'une autre affection bénigne mais très douloureuse. A la pharmacie de garde, on vous demande une ordonnance que n'avez pas. Bien sûr votre médecin ne reçoit pas à cette heure-ci : direction les urgences où vous attendrez des heures car non prioritaire. Si on ne le souhaite à personne, beaucoup de français ont déjà connu cette situation. Mais cela pourrait bientôt changer. 

Selon une information de Franceinfo, le député La République en marche (LaREM) Thomas Mesnier va déposer un amendement pour que dans les cas de "petite urgence", les pharmaciens puissent délivrer des médicaments normalement prescrits sur ordonnance. L'examen du projet de loi de santé est prévu mardi prochain en commission, puis le 18 mars en séance publique.

Encadrer une pratique existante

L'idée est simple : les pharmaciens pourront légalement "dépanner" les patients en soirée ou en week-end, donc quand leur médecin traitant n'est pas disponible. Cela concernera des pathologies bénignes, souvent aisément diagnostiquées, dont la liste reste toutefois à préciser. Si l'objectif est de faciliter la vie des français et pourrait aider à désengorger les urgences, ce projet de loi devrait surtout permettre d'encadrer une pratique déjà existante. "Dans la vraie vie, ça nous arrive [...] que des pharmaciens délivrent sans l'ordonnance" rappelle Carine Wolf-Tahl, pharmacienne à Rouen et présidente de l'ordre des pharmaciens, à l'origine de cette idée. Interrogée par FranceInfo, elle précise que cet amendement permettrait donc de "sécuriser ces pratiques-là et de faciliter l'accès aux soins". 

Devenus légaux, ces petits arrangements pourront être encadrés par des règles strictes, en accord avec les médecins. Protégeant ainsi pharmaciens et patients, cet amendement amènerait une possibilité de suivi et de remboursements. Pour toutes ces raisons, Carine Wolf-Tahl a affirmé : "Nous serions ravis de voir cet amendement voir le jour [...] pour répondre à cette demande d'accès aux soins non programmés."

Lire aussi

Le texte sera présenté le mois prochain

Reste à convaincre les médecins. Thomas Mesnier, également rapporteur du projet de loi Santé, avait déjà proposé un texte similaire en automne dernier, mais il avait été retoqué par l'Assemblée nationale lors du vote de la loi de financement de la Sécurité sociale. Il faut dire que les principaux syndicats de médecins étaient alors montés au créneau, jugeant que le travail de diagnostic dépassait les compétences des pharmaciens et que la santé des patients pouvait être mise en danger. Mais porté par la majorité, le projet de loi pourrait avoir ses chances sur ce deuxième essai. 

Le ministère de la Santé a indiqué à LCI qu'il ne se prononçait pas pour l'heure sur cette proposition, attendant les débats parlementaires sur le sujet. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent