Des bactéries développent une résistance aux gels hydroalcooliques et inquiètent les scientifiques

Des bactéries développent une résistance aux gels hydroalcooliques et inquiètent les scientifiques

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RÉBELLION - Une équipe de chercheurs australiens a récemment démontré qu'une bactérie très courante en milieu hospitalier, et responsable de maladies nosocomiales, avait développé une résistance aux gels hydroalcooliques. Une nouvelle qui ne rassure pas le corps médical.

Ils étaient l’arme fatale contre les bactéries. Mais le vent a visiblement tourné. Une équipe de chercheurs de l’université de Melbourne, en Australie a récemment démontré dans une étude qu’une bactérie responsable d’infections en milieu hospitalier pourrait bien avoir vaincus les gels hydroalcooliques, rapporte Sciences et Avenir. 


Selon elle, l’enterococcus faecium, qui se développe dans le tube digestif, serait devenue plus résistante à l’alcool depuis l’introduction des gels hydroalcooliques dans les hôpitaux au début des années 2000. Jusque-là, l'endurance de bactéries à ces solutions désinfectantes n’avait quasiment jamais été envisagée. Elle est désormais prise très au sérieux.

Les nouvelles bactéries 10 fois plus résistantes que les anciennes

Les chercheurs, dirigés par le professeur Tim Stinear, ont analysé 139 échantillons prélevés entre 1997 et 2015 dans les hôpitaux. Testées sur des souris, les bactéries les plus récentes se sont montrées dix fois plus résistantes à l’alcool que les plus anciennes. D’après ces expériences, l’équipe scientifique a déduit que le génome de l’enterococcus faecium s’est adapté à l’alcool. C'était probablement naïf de penser que les "superbactéries" ne seraient pas en mesure de s'adapter aux désinfectants à base d'alcool, juge Matthew O'Sullivan, de l'université de Sydney. Quand on considère tout ce que nous avons introduit pour tenter de combattre les bactéries, on voit qu'elles trouvent toujours le moyen d'évoluer pour les contourner”, explique-t-il à New Scientist

Questionné par Le Parisien, Philippe Glaser, responsable du laboratoire Écologie et évolution de la résistance aux antibiotiques de l'Institut Pasteur, dit prendre cette étude - à laquelle il n'a pas participé - très au sérieux. D'autant plus que l'enterococcus faecium a déjà développé une certaine résistance aux antibiotiques, augmentant encore davantage le risque de propagation. Le scientifique assure que ce sujet sera abordé lors du congrès sur la résistance bactérienne organisé du 19 au 21 mars. "Ça mérite que l'on aille plus loin, affirme-t-il au journal. Que l'on teste la résistance d'autres bactéries puis que ce soit refait par une autre équipe."

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