Nouveaux cas de bébés nés sans bras : "On ne joue pas avec la rigueur scientifique", dénonce la lanceuse d'alerte Emmanuelle Amar

Santé
RÉACTION - Après l'annonce par Santé Publique France de onze naissances supplémentaires associées à des anomalies des membres supérieurs dans l'Ain, la lanceuse d'alerte Emmanuelle Amar s'est dite "surprise" ce mercredi sur LCI, regrettant qu'on joue "avec le respect des familles".

"Surprise". Invitée à réagir ce mercredi sur LCI après la révélation par Santé Publique France de onze cas supplémentaires de bébés nés sans bras ou sans main dans l'Ain, qui s'ajoutent aux huit cas avérés, Emmanuelle Amar n'a pas caché sa réserve. "Parce qu'on ne joue pas avec le respect que l'on doit aux familles qui n'ont pas été contactées et qui apprennent à la télé onze nouveaux cas, totalement dévastées", a dénoncé la directrice générale du registre des Malformations en Rhône-Alpes (Remera) à l'origine de l'alerte sur ces naissances suspectes. Et de poursuivre : "on ne joue pas non plus avec la rigueur scientifique qui veut qu'on ne communique pas quand on n'a pas vérifié les cas dont on parle." Selon elle, l'agence de santé publique a "communiqué sur des cas dont elle ignore et le nom et l'adresse et le diagnostic médical, ce qui ne s'est jamais vu."


Au sujets des nouveau cas identifiés par l'agence sanitaire dans l'Ain entre 2000 et 2014 d'après les données hospitalières, Emmanuelle Amar a tenu à nuancer. "Il ne s'agit pas de onze nouveaux cas. Dans ces cas, il y a des cas anciens qui n'ont pas été comptabilisés. Quant aux quatre nouveaux cas qui viendraient s'ajouter, ils ne sont pas confirmés", a-t-elle insisté.

"Notre licenciement est suspendu"

Pour rappel, Santé publique France a conclu début octobre que les sept premiers cas recensés dans l'Ain entre 2009 et 2014 ne sont pas statistiquement supérieurs à la moyenne nationale, alors l'association Remera, avait pourtant présenté ce chiffre comme 58 fois supérieur à la normale. "Santé Publique France a purement et simplement nié l'alerte en 2011, en 2014 et en 2016", estime Emmanuelle Amar.


Pour finir, la scientifique s'est exprimée sur la possible disparition du Registre des Malformations en Rhône-Alpes. "Notre licenciement est suspendu à une décision du ministère de la santé sur le devenir du registre qui a déclaré ce cluster qui a été nié pendant de très longues années", a-t-elle précisé. L'affaire avait été portée à la connaissance du grand public le 26 septembre dernier après l'enquête de France 2 révélant un document médical confidentiel alertant sur le nombre de malformations de bébés entre 2009 et 2014 dans l'Ain. 

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L'affaire des bébés nés sans bras ou sans main

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