Scandale Dépakine : au moins 370 cas de malformations en France, la justice ouvre une enquête

Santé

MÉDICAMENT - Un nouveau scandale sanitaire nommé Dépakine ? Les dangers liés à cet anti-épileptique étaient connus dès 1982. Mais les mères n'ont été réellement informés des risques pour le fœtus qu'en 2015.

Entre 2006 et 2014, un anti-épileptique commercialisé sous le nom de Dépakine (laboratoire Sanofi) a été à l'origine d'au moins 370 malformations à la naissance en France. Le parquet de Paris a ouvert une enquête. 

Les dangers liés à ce médicament, à savoir un risque de malformations sur les fœtus, sont connus depuis 1982. Et pourtant, les autorités sanitaires n'ont alerté les mères qu'en 2015. Ce drame sanitaire révèle "les dysfonctionnements majeurs" des organismes européens de surveillance de médicaments, a déploré dans un communiqué l'ancien président de la mission parlementaire sur le scandale du Mediator.

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135.000 femmes sous Dépakine en France

Une première plainte a été déposée par les parents d'une jeune fille de 16 ans. Un douzaines d'autres familles pourraient bientôt en faire de même, a indiqué à l'AFP l'avocat Charles-Jospeh Oudin, dénonçant les similitudes entre ce dossier et celui du Mediator. Encore aujourd'hui, 135.000 femmes en âges de procréer sont sous Dépakine dans l'Hexagone.

L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) indiquait en décembre 2014 dans un courrier destiné aux professionnels de santé que "les enfants exposés in utero au valproate présentent un risque élevé de troubles graves du développement (jusqu'à 30% à 40% des cas) et/ou de malformations congénitales (environ 10% des cas)".

Des centaines de drames familiaux

Les conditions de prescription des médicaments contenant du valproate ont été modifiées. Ils ne doivent plus être prescrits chez les filles, les adolescentes, les femmes en âge de procréer et les femmes enceintes, sauf en cas d'inefficacité ou d'intolérance aux alternatives médicamenteuses. "Une meilleure surveillance des résultats de pharmacovigilance et de veille scientifique aurait depuis des années permis d'éviter des centaines de drames familiaux", a estimé Gérard Bapt.

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D'après l'ANSM, cet anti-épileptique aurait provoqué en France 377 malformations entre 1986 et 2015 ainsi que 54 fausses couches, avortements ou décès de bébés en bas âge. Le scandale du Dépakine continue dans la phase judiciaire. Affaire à suivre.

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