Une victime des implants Essure témoigne : "Je souhaite reprendre une vie normale, loin de la douleur"

Une victime des implants Essure témoigne : "Je souhaite reprendre une vie normale, loin de la douleur"
Santé

EFFETS INDÉSIRABLES – Depuis la pose d’implants de stérilisation Essure, Patricia Guézille a vu ses problèmes de santé se multiplier, sans que la cause ne soit identifiée. Elle espère que son calvaire prendra fin mardi prochain, lorsqu'on les lui retirera.

Fatigue anormale, douleurs articulaires et même accident vasculaire cérébral (AVC)… Depuis quelques mois, les langues se délient : les implants de stérilisation Essure du laboratoire Bayer Healthcare ne seraient pas exempts de tous risques. Parmi les femmes qui en ont fait l’amère expérience, Patricia Guézille, 50 ans. LCI a recueilli son témoignage. 

LCI : Depuis combien de temps portez-vous des implants Essure ?

Patricia Guézille : J’ai eu recours à cette méthode de contraception définitive en février 2011. A l’époque, je portais déjà un stérilet, qui n’a pu être retiré à cause du cordon cassé. La seule solution était alors de me faire opérer. Mon gynécologue m’a proposé de le remplacer par des implants ESSURE. A 44 ans, je n’avais plus de projet d’enfant, je lui ai fait confiance et j’ai accepté.

LCI : Vos problèmes de santé se sont-ils déclenchés tout de suite après ?

Patricia Guézille : J’ai fait un malaise vagal le lendemain de l’opération, mais rien d’inquiétant. Six mois après l’intervention, je suis tombée en dépression. J’étais tout le temps fatiguée, j’avais des carences, ma libido a chuté, j’ai pris 12 kilos et les maladies se multipliaient sans raison particulière. Je ressentais une douleur continue au niveau des lombaires, des articulations et au niveau de l’ovaire gauche. J’avais même du mal à rester assise. On m’a alors diagnostiqué des diverticules après une coloscopie. Les médecins me disaient que ce n’était "rien de bien méchant". Pourtant, j’étais à deux doigts de prendre une carte de fidélité chez eux…

LCI : A quel moment avez-vous fait le lien avec les implants ?

Patricia Guézille : En mai dernier. Je surfais sur internet et je suis tombée sur la pétition de Marielle Klein, la présidente de RESIST (Réseau d’entraide, Soutien et informations sur la stérilisation tubaire). Ça m’a interpellé. Quand je l’ai lue, j’ai tout de suite fait le lien avec ce qui m’arrivait. Les maladies successives n’étaient pas liées à mes soucis personnels, mais à l’objet qui était en moi.

LCI : Vos implants seront retirés mardi prochain, comment vous sentez-vous ?

Patricia Guézille : J’appréhende un peu parce que ce n’est pas une opération bénigne. Mais après, je souhaite reprendre une vie normale, loin de la douleur. Une étude de RESIST menée auprès des adhérentes montre que pour 99,5% d'entre elles, les effets indésirables ont disparu. J’espère qu’il en sera de même pour moi. Ce qui m’inquiète un peu plus est que Bayer n’ait même pas prévu de protocole de retrait des implants. J’espère que l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (qui mène actuellement une étude sur les implants et dont les résultats sont attendus en mars) y remédiera.

LCI : Éprouvez-vous des rancœurs vis-à-vis des praticiens ?

Patricia Guézille : Non, je préfère dédramatiser. Je fais désormais partie de l’association RESIST et j’ai entendu tellement de témoignages de femmes qui expliquaient avoir fait des AVC ou des paralysies que je préfère relativiser. Je pense honnêtement que mon gynécologue était de bonne foi quand il m’a prescrit les implants. Et c’est d’ailleurs lui qui va les retirer. Je regrette juste qu’ils puissent être encore posés aujourd’hui. Mais je ne compte pas en rester là pour autant. Je me suis rapprochée du cabinet Dante (qui défend les victimes) pour entamer des poursuites judiciaires ou une action collective.

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