Sécurité dans les hôpitaux parisiens : un plan à 30 millions d'euros critiqué

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SÉCURITÉ - Les hôpitaux parisiens vont dépenser 30 millions d'euros pour un plan de sécurité qui conduira notamment à augmenter de 40% le nombre de caméras de surveillance. Pour certains soignants, c'est une mesure coûteuse qui ne réglera rien.

Les hôpitaux publics parisiens, regroupés dans l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), vont investir 30 millions d'ici 2020 pour augmenter le nombre de caméras de surveillance, mettre en place de nouveaux contrôles d'accès et effectuer des travaux dans certains bâtiments pour améliorer la sécurité dans les 39 hôpitaux.


En tout, ce sont 17 mesures qui vont concerner l'ensemble des sites sur une période de trois ans, jusqu'en 2020, voire 2021", a indiqué à l'AFP Arnaud Poupard, le conseiller sécurité de l'AP-HP. Elaboré depuis l'automne 2016, ce "plan global" est mis en place à la demande des ministères de la Santé et de l'Intérieur.

Des caméras "intelligentes" censées détecter un colis suspect, une bagarre, ou retrouver un patient disparu

Environ un quart de ces 30 millions d'euros sera destiné à augmenter de 40% le nombre de caméras de vidéosurveillance, ce qui représente au moins 1500 appareils. Des caméras "intelligentes", censées pouvoir détecter un colis suspect, une bagarre, ou encore "retrouver un patient disparu" doivent être expérimentées, a indiqué Arnaud Poupard.


Autres mesures prévues : le renouvellement des contrôles d'accès électroniques, l'installation de boîtiers de verrouillage et le réaménagement de certains hôpitaux parisiens (entrées, parking, mur d'enceinte). Ces travaux doivent permettre aux hôpitaux parisiens de "fonctionner en mode fermé en cas de crise", a précisé Arnaud Poupard.

Ce n'est pas la caméra de surveillance qui va changer quoi que ce soit, ni le vigile arméGérald Kierzek

Pour certains soignants, l'AP-HP fait fausse route. "Pourquoi les gens deviennent-ils fous dans les salles d'attente des urgences ? Quand vous avez six heures d'attente, le stress, personne qui ne vous répond parce que les soignants sont surchargés, c'est ça qui crée de l'incivilité et une réponse violente. Ce n'est pas la caméra de surveillance qui va changer quoi que ce soit, ni le vigile armé", estime sur LCI l'urgentiste Gérald Kierzek, également chroniqueur médical dans plusieurs médias. "30 millions dans des caméras alors qu'on a un hôpital en déficit de 200 millions, c'est complètement déraisonnable."


"Nous travaillons également sur notre propre comportement et sur un meilleur accueil du malade et de sa famille", se défend le président de l'AP-HP Martin Hirsch, dans une interview au Parisien. "Le respect pour le patient, une information de qualité, la possibilité pour un proche de l’accompagner sont des aspects majeurs de la prévention des violences", ajoute-t-il, sans pour autant annoncer d'investissement dans ce domaine.

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