"Si on est submergé, l'État devra prendre des mesures de confinement", estime l'infectiologue Benjamin Rossi

"Si on est submergé, l'État devra prendre des mesures de confinement", estime l'infectiologue Benjamin Rossi

INTERVIEW - Alors que le ministre de la Santé se disait ce jeudi très préoccupé par la situation en Ile-de-France, l'infectiologue Benjamin Rossi, invité de la matinale de LCI, met en garde contre la saturation des urgences.

"Toutes les douze minutes un Francilien, nuit et jour, est admis en lit de réanimation en Ile-de-France. Ce soir, 1.080 patients y sont pris en charge, presque le pic de la deuxième vague", annonçait ce jeudi le ministre de la Santé, Olivier Véran, lors de sa conférence de presse hebdomadaire. Infectiologue à l'hôpital Robert Ballanger d'Aulnay-sous-Bois, Benjamin Rossi, a lui aussi voulu mettre en garde contre la saturation des services de réanimations. 

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Ce taux d'occupation très élevé s'explique, selon le professionnel de santé, par un plus grand nombre de formes graves de Covid-19, qui nécessitent des réanimations.  "Le flux de patients hospitalisés est moindre, mais les formes graves chez les jeunes qui vont en réanimation reste là et les patients restent hospitalisés plus longtemps donc il y a saturation." 

"On aimerait avoir la capacité d'augmenter nos lits, mais on n'a pas les moyens humains, ni les moyens médicaux", regrette-t-il.

Il faut bien comprendre, que quand les réanimations sont saturées on ne peut plus prendre en charge les autres patients.- Benjamin Rossi

Si Olivier Véran a affirmé pendant sa conférence de presse, "que des dizaines, voire des centaines de patients pourraient être évacués de l’Ile-de-France vers d’autres hôpitaux […] du territoire national" pour soulager les hôpitaux de cette région, Benjamin Rossi, a lui, évoqué la possibilité d'un nouveau confinement. "Il faut voir comment ça évolue dans les prochaines semaines. Si on est complètement submergé, je pense que l'État devra prendre des nouvelles mesures."

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L'infectiologue a rappelé que tous les Français seraient affectés par une saturation des hôpitaux. "Il faut bien comprendre, que quand les réanimations sont saturées on ne peut plus prendre en charge les autres patients. Si demain un enfant de 17 ans a un accident de la voie publique, s'il doit être opéré et qu'il n'y a plus de bloc opératoire, il décède aussi. Cela touche toutes les strates, et toutes les personnes et tous les âges." En Ile-de-France, l'ARS a recommandé en début de semaine la déprogrammation de 40% des opérations hospitalières.

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