Sida : un vaccin français comme meilleur espoir ?

Sida : un vaccin français comme meilleur espoir ?

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RECHERCHE – Les travaux de la société française Theravectys font actuellement partie des pistes les plus sérieuses pour la création d'un vaccin capable de lutter contre la propagation du VIH, sinon guérir pratiquement les malades infectés. De premiers essais cliniques viennent d'être lancés. 


C'est l'un des espoirs du monde médical. Elaborer, à l'instar de la grippe, de la tuberculose ou de l'hépatite A, un vaccin contre le VIH/sida . Les travaux de l'entreprise française de biotechnologie Theravectys font partie des pistes les plus sérieuses laissant entrevoir cette possibilité. Il s'agit de guérir ou du moins lutter contre la propagation de la maladie grâce à une nouvelle génération de vaccin thérapeutique. Cette dernière est basée sur une technologie inédite, les vecteurs lentiviraux.

"Notre système immunitaire possède deux types de réponse contre une agression : la réponse humorale avec des anticorps qui évacuent le virus, et la réponse cellulaire avec les lymphocytes T qui éliminent les cellules infectées, explique Renaud Vaillant, directeur général de Theravectys. Le principe de notre vaccin est de stimuler la réponse cellulaire grâce à un virus modifié rendu inoffensif qui transporte un antigène (vecteur lentiviral) dans une cellule clé du système immunitaire pour la forcer à réagir contre le VIH".

Rendre le traitement moins indispensable

Un candidat vaccin est en route et la société vient de terminer le recrutement de 36 patients traités par antirétroviraux. Et l'essai clinique de phase I/II vient d'être lancé. Cette première étape consiste à évaluer sa sécurité, sa tolérance et son effet sur le système immunitaire. Les volontaires ont reçu trois doses différentes et pour l'instant aucun effet secondaire grave n'est reporté, condition sine qua non pour la poursuite des tests.

Des essais précliniques menés sur des singes infectés avaient montré que la charge virale était 100 fois moins importante chez les singes vaccinés comparés à ceux qui avaient reçu un placebo. "L'objectif, c'est de permettre aux malades d'arrêter leur traitement ou de le continuer à des doses beaucoup plus faibles. Leur corps contrôlera naturellement l'infection même s'ils seront toujours porteurs du virus", ajoute Renaud Vaillant.

Les premiers résultats sont attendus pour novembre 2014. S'ils sont concluants, Theravectys mise sur une commercialisation d'ici cinq à sept ans. La société compte d'autant plus sur cette recherche que la technologie des vecteurs lentiviraux pourrait être efficace contre d'autres pathologies, notamment en cas de virus , bactérie, parasite ou de cancer. Une technologie pour laquelle elle détient un accord de licence mondial.

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