Soins dentaires : un Français sur cinq y renonce, faute de moyens

DirectLCI
RAGE DE DENT – Dans un rapport publié mardi, la Cour des comptes plaide pour un meilleur remboursement par l’Assurance maladie des soins dentaires ainsi qu’un encadrement renforcé de la profession.

"Pour les implants, les couronnes, les bridges, il y a deux Français sur trois qui renoncent à ce type de soins, explique sur le plateau de LCI Nicolas Prissette, Une couronne en céramique coûte en moyenne 115 euros ( c'est le prix auquel l'achète le chirurgien-dentiste) mais ensuite, une fois facturée au patient, cela peut monter très haut : 674 euros environ à Paris, 500 euros en Province". 


Alors, trop cher, le dentiste ? C’est en tout cas ce qu’affirme la Cour des comptes dans un rapport qui dévoile que près d’un assuré sur cinq fait une croix sur ses soins dentaires pour des raisons financières.  Un meilleur remboursement par l’Assurance maladie ainsi qu’un encadrement renforcé de la profession sont ainsi préconisés pour régler le problème. 

L'Assurance maladie ne participe pas assez

Et pour cause : l’Assurance maladie occupe une place "minoritaire et déclinante" dans le financement des dépenses liées à ce type de soins, affirme la Cour des comptes.  Ainsi, entre 2006 et 2014, sa participation est passée de 36% à 33%. Les premiers financeurs, à savoir les organismes complémentaires, prennent quant à eux en charge 39% des dépenses en 2014, 25% pour les assurés sociaux. 3% proviennent enfin de financements publics, comme la couverture maladie universelle (CMU-C), rappelle l'AFP. 


Insuffisant pour la Cour des comptes qui souligne que la part prise en charge par les assurés sociaux reste "conséquente" et engendre "de fortes inégalités d’accès aux soins en fonction des revenus". Pire, les Sages affirment que cet état de faits n’est pas sans conséquence sur l’état sanitaire jugé "médiocre" de la population française en comparaison de nos voisins européens. Et les chiffres le prouvent : par rapport à ces derniers, les Français renoncent deux fois plus aux soins dentaires pour des motifs financiers. 


Alors que des négociations entre chirurgiens-dentistes et l’Assurance maladie s’apprêtent à s’ouvrir, la Cour des comptes plaide pour l’élaboration d’une convention nouvelle, visant des "objectifs ambitieux et contraignants". 

Plafonnement des tarifs de soins les plus fréquents

Et la Cour des comptes à la dent dure. Elle vise particulièrement "la faiblesse persistante" des pouvoirs publics et de l’Assurance maladie face aux professionnels de santé. Les Sages dénoncent des contreparties "nettement insuffisantes" avancées par la profession en parallèle "d’importantes revalorisations tarifaires", fruits de précédentes négociations. Le rapport publié mardi met ainsi en lumière la "forte croissance" des volumes de dépassement d’honoraires imputables aux soins prothétiques ou encore orthodontiques. La Cour propose ainsi, afin d’enrayer cette "dérive des coûts" des soins prothétiques, de plafonner les tarifs de soins les plus fréquents remboursés par les organismes complémentaires dans les contrats responsables, comme ce qui est déjà le cas dans le secteur de l’optique. 


De son côté, la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD) fustige un rapport basé sur des "lieux communs" et des "enquêtes dépassées". "Seule une revalorisation importante des soins de base ainsi que la pris en compte des actes nouveaux et des techniques innovantes seraient à même de réguler les dysfonctionnements et les dérives induites par le désengagement des pouvoirs publics et des financeurs", se défend la Confédération. 

VIDEO. Trop élevés et mal remboursés, les frais dentaires, une plaie pour les Français

En vidéo

Trop chers et mal remboursés : les soins dentaires, une plaie pour les Français

Plusieurs secteurs touchés

Mais les soins dentaires ne sont pas les seuls à être pointés du doigt pour cause de prix excessifs . Par exemple, un appareil auditif est vendu en moyenne cinq fois plus cher en magasin que son prix à la sortie d’usine. Pour une paire de lunettes, les marges sont tout aussi impressionnantes. L’année dernière déjà, l’association UFC-Que Choisir dénonçait ces pratiques, affirmant que 2.1 millions de malentendants ne seraient pas appareillés en raison de ces prix trop élevés… 

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter