Sommeil, addiction aux écrans... La santé mentale des jeunes mise en péril par la crise sanitaire

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MISE EN GARDE - Dans son dernier rapport annuel sur les droits de l'enfant, la Défenseure des droits alerte ce mercredi sur l'état de la santé mentale des jeunes, mise à mal par la crise sanitaire.

Les jeunes particulièrement touchés par la crise sanitaire. C'est notamment leur état de santé mental qui a été le plus affecté le climat de privations et de restrictions instauré pour faire face au Covid-19. "Il a été démontré que le premier confinement a conduit à une hausse générale des syndromes dépressifs et même à un doublement chez les 15-24 ans (10% d'entre eux présentaient un syndrome dépressif en 2019, contre plus de 20% en 2020)", souligne dans son nouveau rapport annuel* Claire Hédon, la Défenseure des droits. 

Les demandes de consultations en pédopsychiatrie ont augmenté, les retards également. "Un enfant qui ne va pas bien deviendra un adulte qui va mal" dans "une société qui va mal", rappelle-t-elle.

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Les confinements successifs - avec, notamment, la fermeture des établissements scolaires et l'enseignement à distance - ont également aggravé les addictions et risques d'addiction aux écrans, ainsi que certains troubles du sommeil. "Les professionnels nous ont interpellés sur les difficultés des rythmes circadiens, des troubles alimentaires, du sommeil des enfants, qui étaient épuisés dans les écoles, qui souffrent de problèmes d'attention. Les professeurs ont du mal à les mobiliser sur des projets", pointe le Défenseur des Enfants, Eric Delemar. 

"On dit (au jeune) de ne pas passer trop de temps devant les écrans, mais on lui demande de suivre des cours devant un écran", abonde Claire Hédon sur France Inter. "Ce sont des choses qui sont contradictoires et compliquées pour les enfants". Pour tenter d'inverser la tendance, elle préconise davantage de prévention à l'école pour les élèves et leurs parents. 

"Le repli forcé sur le noyau familial a été l’occasion d’un rapprochement avec les parents- Claire Hedon, Défenseure des droits

Malgré ses répercussions "dramatiques" sur la santé mentale des enfants, la crise sanitaire a, "paradoxalement, [...] produit quelques effets bénéfiques", estime la Défenseure des droits. Ainsi, le premier confinement a souvent été "vécu comme un moment exceptionnel, mais heureux". "Le repli forcé sur le noyau familial a été l’occasion d’un rapprochement avec leurs parents, d’un desserrement de la contrainte scolaire et d’un accroissement du temps de loisirs", explique-t-elle. Les adolescents ont, en outre, pu retrouver, grâce à l’école à la maison, des horaires mieux adaptés à leur rythme chrono-biologique. 

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*Ce rapport s'appuie sur les réclamations reçues par le Défenseur des droits (3000 chaque année) ainsi que sur la consultation d'enfants et de professionnels (médecins et infirmières scolaires, enseignants et éducateurs, psychiatres, pédiatres,etc).

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