Soupçonnés de favoriser un cancer, plusieurs modèles d'implants mammaires vont être interdits en France

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DANGER – Plusieurs modèles d’implants mammaires vont être interdits en France. Et pour cause : selon l'ANSM, ils pourraient provoquer une forme rare de cancer.

De nombreux modèles d’implants mammaires vont être prochainement interdits. La raison ? Ils favoriseraient l’apparition d’une forme rare de cancer. Cette décision est en effet une réponse "à l'augmentation significative depuis 2011 des cas de lymphome anaplasique à  grandes cellules associés au port d'implants mammaires (LAGC-AIM,)", détaille l'Agence nationale des produits de santé (ANSM) dans un courrier destiné aux fabricants et révélé ce mercredi par Le Monde et Radio France. L’ANSM devrait l’annoncer officiellement jeudi 4 avril lors d’une conférence de presse. 


Parmi les 500.000 femmes ayant eu des implants mammaires depuis 2011, elles sont 56 à souffrir de cette forme rare mais pugnace de cancer. Lequel se matérialise par un épanchement de liquide autour de la  prothèse. Dans la grande majorité de cas, il s’agissait de prothèses à enveloppe texturée (microtexturés ou macrotexturés, selon le degré de rugosité). Trois femmes en ont perdu la vie. La décision de les retirer du marché a été motivée par "le danger rare mais grave que leur implantation est susceptible de constituer", toujours selon ce courrier signé par la directrice adjointe de l’ANSM, Christelle Ratignier-Carbonneil. 

Implants mammaires texturés : 85% du marché français

Les modèles interdits sont commercialisés par Allergan, Arion, Sebbin, Nagor, Eurosilicone et Polytech. Ce qui montre que l’ANSM ne s’est pas arrêtée aux recommandations du comité missionné début février. Lequel militait exclusivement pour l'interdiction des prothèses Biocell  d'Allergan. 


Le gendarme de la santé n’a toutefois pas choisi d’interdire en bloc tous les implants mammaires texturés. Ces dernières sont largement privilégiées dans l’Hexagone (85% du marché), étant connues pour rester mieux en place que les prothèses à surface lisse. Elles engendreraient en outre moins de "coques" (durcissement des tissus autour de  l'implant). Pour autant, les inflammations provoquées par le frottement pourraient être la cause de la survenue du lymphome anaplasique à  grandes cellules. 

"Ca va compliquer la donne pour la prise en charge des patientes"

"On ne comprend pas pourquoi l'ANSM rend cet avis qui va à l'encontre des  décisions de ses propres experts", a pointé le Dr Sébastien Garson, président de  la Société française des chirurgiens esthétiques plasticiens. Et de demander à l’ANSM si de "nouvelles  données" ont "fait pencher sa  décision". "Ca va sûrement compliquer la donne pour la prise en charge des patientes à  l'avenir", puisque les chirurgiens auront moins de choix, a-t-il indiqué à l’AFP. 


Autre son de cloche chez Me Emmanuel Molina qui défend une patiente ayant porté plainte contre Allergan. Selon lui, cette interdiction est "la seule décision de police sanitaire responsable  qui vaille en l'état du risque". Et d’ajouter : "Les victimes de ce scandale sanitaire qui se profile (...) ne  comprendraient pas que (l'ANSM) prenne une autre décision que celle consistant  à éviter la survenance d'autres possibles cas". 

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