"Surdosage = danger" : les autorités de santé alertent sur les intoxications au paracétamol

Santé

ALERTE - L'Agence du médicament laisse neuf mois aux laboratoires pour apposer sur les nouvelles boîtes d'analgésique aussi connu sous les noms des marques Doliprane, Efferalgan, Fervex et autres Dafalgan un message de prévention : "Dépasser la dose peut détruire le foie". Et dans les cas les plus sévères, entraîner la mort.

Si tout un chacun n'est pas sans savoir que le surdosage médicamenteux peut s'avérer dangereux, voire fatal, d'aucuns ont tendance à oublier que cela vaut aussi pour les produits les plus communs, et souvent perçus comme anodins. A commencer par le paracétamol, antidouleur de référence pour traiter les maux de tête, de gorge ou la fièvre lors d’un rhume. 

Alors qu'un milliard de boîtes de cet analgésique aussi connu sous les noms des marques Doliprane, Efferalgan, Fervex et autres Dafalgan s'écoulent chaque année en France, l’Agence du médicament espère faire passer un message majeur : "Surdosage = danger. Dépasser la dose peut détruire le foie". 

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Comment ? En apposant la mention en lettres majuscules rouges et surmontée d'un triangle d'alerte sur la face des emballages d'ici peu, révèle ce mardi Le Parisien.

Principalement utilisé "en automédication"

Avec une consommation de ce produit en hausse de 53% en dix ans, "mais principalement pour un usage en automédication", précise au quotidien, Dominique Martin, patron de l'ANSM, la mise en garde est plus que de rigueur. "Avec une consommation normale, il est un médicament sûr et efficace. Mais en surdosage, il est la première cause de greffe hépatique d'origine médicamenteuse", souligne encore ce dernier.

Selon les chiffres de l'Observatoire français des médicaments antalgiques (OFMA) recueillis par Le Parisien, en 2018, pas moins de 52% des Français ont eu "au moins" une ordonnance remboursée de paracétamol. Parmi eux, 11,3% ont eu au minimum six délivrances au cours de l'année.

Un délai de 9 mois pour les labos

S'il n'existe pas de données précises sur les incidents liés à la molécule, certaines affaires, médiatisées, ont marqué les esprits dans le passé. C'est le cas du décès de Naomi Musenga, jeune femme moquée au téléphone par le Samu, attribué à une intoxication de paracétamol. Si ses parents considèrent que cette thèse est une aberration, la consultation publique pour sensibiliser le public qui a succédé à cette affaire a plaidé en faveur de l'ajout d'un message clair sur les boîtes. Le gendarme du médicament laisse neuf mois aux laboratoires pour l'apposer sur les nouvelles boîtes.

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L’intoxication au paracétamol se manifeste le plus souvent dans les 24 heures suivant l’ingestion par des nausées et des vomissements. Lorsque des douleurs apparaissent dans le côté droit du ventre, c’est le signe que le foie est atteint. Dans ce cas de figure, la destruction de l'organe, progressive, peut être fulgurante : trois à quatre jours.

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