Sylvain Baize : "Les chances que le virus Ebola arrive en France sont quasi nulles"

Santé

SANTÉ – Alors que le virus mortel Ebola semble hors de contrôle en Guinée, au Liberia et au Sierra Leone, Metronews fait le point avec Sylvain Baize, Directeur du Centre National de Référence (CNR) des Fièvres Hémorragiques Virales de l'Institut Pasteur.

Pourquoi le virus Ebola se diffuse-t-il aussi vite en Afrique de l'Ouest ?
On ne peut pas dire qu'il se diffuse si vite que cela. Cela fait six mois que l' épidémie a démarré. On suppose qu'elle aurait démarré à cause d'une chauve-souris, animal régulièrement porteur du virus. Les Guinéens en consomment pour leur alimentation. Je parlerais plutôt d'une diffusion soutenue, de proche en proche. Depuis un mois, le nombre de décès est effectivement élevé [entre 350 et 400 morts depuis le début de l'année, ndlr].

Il s'agit d'une seconde vague épidémique car fin avril-début mai, celle-ci a failli s'arrêter. Il n'y avait plus de cas de contamination à Conakry [capitale de la Guinée, premier pays touché, ndlr]. Mais quelques cas ont échappé à la surveillance et n'ont pas été isolés, et des funérailles ont eu lieu sans précaution. Cela a relancé l'épidémie. Maintenant, elle se disperse hors des frontières : au Liberia, en Sierra Leone. Le virus est devenu très difficile à contrôler.

Doit-on craindre une arrivée du virus Ebola en France ?
C'est très peu probable. On peut imaginer le cas isolé d'un malade en phase d'incubation qui arriverait en France. Mais il y a très peu de chance que cela se passe. Il faut remettre les choses dans leur contexte : le virus concerne 300 à 400 personnes sur un pays de plusieurs millions d'habitants. La probabilité qu'une personne infectée apporte le virus en France est presque nulle. Dans l'Hexagone, l' Institut de veille sanitaire a mis en place des dispositifs afin de prendre en charge d'éventuelles personnes sous suspicion d'importation du virus.

Vous êtes la première structure officielle à avoir identifié le virus en Guinée en mars. Quelles précautions faut-il prendre, sur place ?
La contamination se fait par contact avec les liquides biologiques : sang, selles, vomissures, larmes, salive et éventuellement transpiration… Les règles d'hygiène sont les même que pour toutes les maladies infectieuses. Il faut éviter de toucher des malades dans un hôpital. Les médecins portent des gants, masques et lunettes. Il faut éviter les contacts avec les personnes fébriles et malades. Enfin, il ne faut pas participer à des rites funéraires où on serait amené à toucher le corps ou les vêtements de personnes décédées à cause du virus.

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