Une Colombienne a-t-elle vraiment dormi "deux mois d'affilée" sans se réveiller ?

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À LA LOUPE – De nombreux site relaient l'histoire d'une jeune femme colombienne qui dormirait durant des semaines - et même 2 mois - sans se réveiller. Le corps humain permet-il des phases de sommeil aussi longues ? LCI a interrogé un neurologue spécialisé dans le sommeil.

Depuis près d'une semaine, de très nombreux médias anglo-saxons, américains et français relaient l'histoire de Sharik Tovar. À 17 ans, cette jeune Colombienne serait atteinte du "syndrome de la Belle au bois dormant". Cette pathologie entraîne chez elle des cycles de sommeil très longs, à tel point qu'elle "peut parfois dormir jusqu'à deux mois d'affilée", comme le rapporte CNEWS. L'être humain peut-il se transformer en ours et passer des semaines entières endormi, comme en hibernation ?

Dormir deux mois d'affilée, c'est la mort assurée

Le syndrome dont souffre la jeune femme est communément appelé "de Kleine-Levin". Pour en savoir plus sur cette maladie rare, qui touche aujourd'hui un peu plus de 100 personnes en France, LCI a contacté le docteur Marc Rey, neurologue et président de l'Institut national du sommeil et de la vigilance. 

"Soyons clairs", tranche-t-il d'emblée : "si quelqu'un passe deux mois endormi, il ne boit pas et meurt". Ce syndrome ? "Il entraîne des accès d'hypersomnie, durant lesquels les patients vont enchaîner les phases de sommeil prolongé. Cela va durer durant plusieurs semaines, parfois un mois entier, mais vous ne dormez pas en continu ! Les symptômes évoluent par période, vous êtes très mal durant quelques temps avant de revenir à un état plus normal. Cela peut se reproduire plusieurs fois par an". Lorsque les personnes touchées se réveillent, "elles ont envie de beaucoup manger", note le spécialiste, de façon parfois quasi boulimique.

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S'agit-il d'une maladie incurable ? "Elle apparaît généralement chez de jeunes enfants", indique Marc Rey, "mais les patients voient généralement ces épisodes de fatigue prolongée devenir de plus en plus espacés". Le passage à l'âge adulte permet donc de vivre presque normalement. Connu depuis le début du 19ème siècle, ce syndrome s'avère parfois difficile à diagnostiquer : il s'agit en effet de le dissocier des phases de fatigue intense que l'on peut par exemple observer auprès d'étudiants. 

Si les effets s'estompent avec l'âge, ils restent très handicapants lorsqu'ils se manifestent : "Les gens sont très mal durant ces périodes", assure Marc Rey, "il faut qu'ils se stimulent beaucoup. Ils peuvent se lever, manger, se laver, mais ne peuvent pas travailler ou conduire."

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