Tatouage : "Mieux vaut bien réfléchir avant d'agir"

Tatouage : "Mieux vaut bien réfléchir avant d'agir"

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A l'occasion du Mondial du tatouage, qui ouvrira ses portes les 7, 8 et 9 mars prochains à Paris, metronews fait le point avec Catherine Olivieres Ghouti, dermatologue à Paris, sur un acte loin d'être anodin.

Si les motivations de se faire tatouer sont aussi nombreuses que les motifs à réaliser, il n'en demeure pas moins que le passage à l'acte demande une bonne dose de réflexion.

L'hygiène : "Une fois la décision prise, il est important de s'assurer que le professionnel a une formation de tatoueur, qu'il porte des gants lors du tatouage et que les ustensiles sont jetables ou stérilisés en autoclave. C'est un réflexe qu'il faut avoir. Les risques de contaminations sont réels. D'ordre bactérien avec les staphylocoques ou, plus grave, en contractant l'hépatite C ou le sida. Très rigoureuse, la réglementation française a pour but de protéger celles et ceux qui ont décidé de sauter le pas. Il n'en va pas de même dans toutes les régions du monde. Gare à tous ceux qui profitent de leurs vacances dans un cadre lointain et exotique, pour se faire tatouer sans tenir compte des conditions d'hygiène les plus élémentaires", rappelle la dermatologue.

Les contraintes : "Dans la mesure où l'acte se pratique avec une aiguille, ce qui constitue une effraction cutanée, il est de la responsabilité du professionnel de s'assurer que la peau ne présente aucune lésion infectieuse ou cutanée. Tout comme de désinfecter la peau avant, pendant et à la fin du tatouage. A charge à la personne tatouée de respecter scrupuleusement la durée et les soins locaux post-tatouage ainsi que les recommandations du professionnel. En cas de complications, n'hésitez pas à consulter votre médecin."

Les contre-indications : "Les maladies de peau telles que le psoriasis, et celles dites actives ou en poussée (eczéma) excluent les tatouages. Faites attention également à vos cicatrices, car le passage de l'aiguille pourrait les réactiver ou les rendre hypertrophiques. Les allergies aux pigments peuvent aussi survenir. L'absence d'un marquage systématique sur la composition précise des encres utilisées est à ce jour un problème et la couleur rouge est celle qui cause le plus de réactions allergènes. Quant aux grains de beauté, le tatoueur doit obligatoirement les contourner, de manière à ce qu'ils puissent être surveillés par un professionnel."

Le détatouage : "Seuls les médecins sont habilités à enlever un tatouage car cette pratique nécessite du laser, dont l'utilisation est considérée comme un acte médical. En France, toute autre personne ayant recours à ce procédé serait sous le coup de l'exercice illégal de la médecine. Le facteur temps n'est pas à négliger car il faut, entre 5 et 10 séances par zone selon le modèle. On ne peut traiter qu'une zone limitée à chaque fois. Les douleurs, les saignements et les pansements sont autant de facteurs qu'il faut gérer ensuite. D'où la nécessité d'attendre parfois 4-5 mois entre deux séances. Compter jusqu'à six ans pour venir à bout d'un format très couvrant et de un à trois ans pour de petits motifs. Enfin, le coût est non négligeable. Pour enlever un tatouage de 10 cm x 10 cm (3-4 séances), cela coûte environ 1000 euros". La surface, la technologie de laser utilisée et le cabinet choisi font varier les tarifs varient de 90 à 300 euros la séance.

Le tatouage dit éphémère ou le "henné noir" : "Attention, le produit contient du paraphenylènediamine. Il doit être proscrit car cette substance est la même que celle utilisée pour les colorations pour les cheveux et est aussi fortement phototoxique. Les réactions allergiques de type ezcéma peuvent survenir quelques heures après le tatouage ou plusieurs semaines plus tard nécessitant dans certains cas une hospitalisation."

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