Tatouages : la plupart des encres contiennent des substances toxiques ou cancérogènes

Tatouages : la plupart des encres contiennent des substances toxiques ou cancérogènes

MISE EN GARDE - L'UFC-Que Choisir a testé une vingtaine d'encres utilisées par les tatoueurs. Son verdict ? Les trois quarts des plus utilisées en France présentent un risque sanitaire élevé, certaines contenant des colorants interdits ou des substances cancérogènes.

Bien souvent, c'est le respect des règles d’hygiène, à commencer par l’usage d’une aiguille stérile, qui concentre les craintes autour du tatouage. Dans un dossier paru ce jeudi, l'UFC-Que Choisir alerte sur un tout autre danger, lié aux composants des encres utilisées.

Et pour cause : sur une vingtaine de références testées parmi les plus utilisées en France, les trois quarts présenteraient un risque sanitaire élevé avec, entre autres des colorants interdits ou des substances cancérogènes qui sont injectées dans l'organisme, alerte l'association de défense des consommateurs. En d'autres termes, seules cinq de ces substances répondent aux différentes normes en vigueur.

La DGCCRF et l'ANSM saisies

Le risque est tel pour l'association de consommateurs qu'elle a saisi la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) pour obtenir le retrait et le rappel des produits concernés. "Colorants C.I 74260, C.I. 73915, Isothiazolinones, hydrocarbures aromatiques polycycliques, amines aromatiques, derrière ces noms incompréhensibles pour le commun des mortels se cachent des produits chimiques présentant un risque avéré pour les êtres humains, puisqu’ils sont pour la plupart cancérogènes, et de ce fait encadrés par diverses réglementations", annonce ainsi l'UFC-Que Choisir

Et de rappeler que ce n'est pas la première fois que l'alerte est donnée sur les substances utilisées dans le monde du tatouage. Dès 2017, l'Académie nationale de médecine mettait en garde contre l'utilisation "de colorants et de conservateurs, dont certains sont interdits en usage cosmétique, ainsi que des sels de métaux lourds et autres métaux toxiques à concentration élevée", précise ainsi l'organisme.

Les encres de couleur plus problématiques

"En tatouant, on va injecter sous la peau un produit chimique. Qu’il soit bleu, rouge, vert, noir, c’est fait à partir de métaux lourds et ce produit peut être allergisant" détaille pour 20 Minutes, Marc Perrussel, vice-président du Syndicat national des dermatologues, ajoutant que cela "peut créer un eczéma de contact". Raphaël Bartlomé, responsable juridique de l’UFC-Que Choisir, précise que ce sont souvent les encres de couleur qui posent problème. "La couleur implique une recette particulière et on se rend compte, au travers de ces analyses et de ces résultats, que la recette est faite n’importe comment. Nous avons des concentrations d’encre trop élevées, des colorants qui sont interdits", pointe-t-il auprès de BFMTV.

Une question prise au sérieux par l'Union européenne, si l'en croit la proposition de restrictions de certains composés soumise par l'agence européenne le 14 décembre 2020. Dans le détail, il est question de désormais "limiter les substances cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, les sensibilisants cutanés ou irritants pour la peau, les substances corrosives ou pouvant provoquer des lésions oculaires, les métaux ainsi que d’autres substances déjà régies par le règlement relatif aux produits cosmétiques. L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) ne propose pas d’interdire les tatouages, ni les couleurs utilisées dans les tatouages, mais de rendre les tatouages plus sûrs". Si le verdict de la Commission européenne est attendu mi-mars, le dossier de l’UFC-Que Choisir n'en fait pas mention, comme pointé par 20 Minutes.

Un guide de bonnes pratiques publié en janvier

Dans le but d’améliorer la sécurité et le contrôle des tatouages, le Haut Conseil à la santé publique a de son côté publié le 15 janvier dernier un guide de bonnes pratiques, notamment sur les encres, dont s'est emparé le Syndicat national des artistes tatoueurs (Snat). "Les tatoueurs sont extrêmement demandeurs d’informations sur leurs encres, et l’état des connaissances doit inciter fortement à initier des études in vivo en situation réelle, analysant à la fois les quantités et concentrations de produits et leur devenir chimique, y compris après détatouage laser", assure ce dernier dans un communiqué.

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Du phénomène de mode, le tatouage est devenu un véritable phénomène de société et fait de plus en plus d'adeptes, comme en atteste un sondage Ifop réalisé en 2018 pour le journal La Croix, selon lequel près d'un Français sur cinq est ou a déjà été tatoué au cours de sa vie. Un chiffre en constante progression, puisqu'ils n'étaient que 14% en 2016 et 10% en 2010. À noter que chez les moins de 35 ans, la part de concernés monte même à 30%.  

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