"Certains allaient au restaurant, d’autres en boîte, moi, je devais me soigner" : ces Français malades et contraints de payer leur traitement

DirectLCI
TÉMOIGNAGES – Son traitement contre le cancer du sein n’étant plus remboursé, Leslie Salut a lancé un appel aux dons afin de pouvoir poursuivre ses soins. Une situation qui vous a touchés, atterrés ou indignés mais surtout, a permis de lever le voile sur un tabou. Parole aux lecteurs de LCI qui ont répondu à notre appel à témoins lancé sur Facebook.

Est-il possible qu’en France une personne atteinte d’une affection longue durée, comme le cancer, doive casser sa tirelire pour se soigner ? En théorie, non. Tout est pris en charge par la Sécurité sociale. Dans la pratique, en revanche, ce n'est pas si simple. La preuve avec l’histoire de Leslie Salut, largement relayée dans les médias ces dernières semaines.


Après deux récidives métastasiques de son cancer du sein, en 2013 et 2015, elle opte pour une chimiothérapie orale, une cure de comprimés, sur conseil de son oncologue. En janvier 2016, lorsqu’il combine l’Avastin au Xeloda et au Navelbine, les résultats sont au rendez-vous. La maladie est stabilisée, Leslie se sent mieux et ne perd plus ses cheveux.

J'ai envoyé des courriers, des mails et j'ai appelé mille fois mais je n’ai jamais eu d’explications"Laetitia

Mais coup de tonnerre en mars dernier, lorsqu’elle apprend que son traitement ne sera plus pris en charge par la Sécurité sociale. "Cela m’a révolté, j’ai ressenti une atteinte dans la liberté que j’avais de choisir mon traitement, explique-t-elle à LCI. Je n’ai pas compris pourquoi on voulait m’enlever ce médicament qui me permettait, non seulement de guérir, mais aussi de vivre décemment." Son histoire a ému la toile qui s’est mobilisée. En 20 jours, elle a récolté près de 42 170 euros, soit deux ans de traitement. Son dossier médical, quant à lui, est en train d’être réexaminé. 

En vidéo

Des ateliers de remise en forme pour éviter la rechute du cancer du sein

Même combat pour Laetitia. "Après un cancer du sein, j'avais un traitement à suivre : une injection d'Avastin toutes les trois semaines en monothérapie. Je devais faire douze injections, j'ai été obligée d'arrêter à quatre seulement", nous indique cette Corse dans l'appel à témoins que nous avons lancé sur Facebook. Elle a décidé d’agir. "J'ai envoyé des courriers, des mails et j'ai appelé mille fois. Mais je n’ai jamais eu d’explications. Ce ministère joue avec nos vies !"

Je ne comprends pas comment on peut retirer un traitement à des malades alors même qu’il n'y a pas de problème sanitaireBlandine

Amandine, elle, souffre de la maladie de Crohn, une inflammation chronique qui touche principalement les intestins. Après avoir testé plusieurs médicaments, c’est Entivio (védoluzimab) qui calmera ses souffrances. Mais depuis le 10 janvier 2017, il n’est plus remboursé. "Aujourd'hui les douleurs abdominales sont terribles et les douleurs articulaires ont repris place dans ma vie, sans compter une asthénie (fatigue) importante", décrit-elle. 


Son médecin a beau lui proposer une alternative avec le methotrexate, elle redoute le pire : "Encore un changement de traitement avec tous les effets négatifs qui vont avec". "Va-t-il me convenir ? Comment mon corps va supporter ce changement ? Quels effets indésirables vont-ils me tomber dessus ?", s’interroge-t-elle, avant de conclure : "Je ne comprends pas comment on peut retirer un traitement à des malades alors même qu’il n'y a pas de problème sanitaire".

J'aime la vie, la vie est belle et je veux vivre encore pleinement"Jocelyne

Atteinte de la même maladie, Françoise a dû aussi faire des concessions pour se soigner lorsque ces médicaments n’ont plus été remboursés. Elle a alors choisi la phytothérapie, qui lui coûtait tout de même 150 euros par mois. "Ce n’était pas évident avec un petit salaire mais je n’avais pas le choix. Certains allaient au restaurant, d'autres en boîte, moi je devais me soigner, écrit-elle. J’ai fait un choix et c’était ma santé."


Enfin, Jocelyne souffre d’un cancer du pancréas, une maladie destructrice mais à laquelle elle résiste depuis 10 ans déjà. Pour elle, "l’Abraxan (un anticancéreux) représente l’espoir de vivre mieux. J’ai confiance  dans sa fiabilité et son efficacité malgré un certain degré connu de son agressivité." "J’aime la vie, la vie est belle et je veux vivre encore pleinement", écrit-elle alors qu’elle vient de créer une cagnotte, elle aussi, dans l’espoir de vivre "un peu mieux". 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter