Les délais s'allongent pour les tests Covid-19 : "Il faut prioriser les personnes qui ont des symptômes"

Les délais s'allongent pour les tests Covid-19 : "Il faut prioriser les personnes qui ont des symptômes"
Santé

CORONAVIRUS - Les files d’attente se multiplient devant les laboratoires depuis plusieurs semaines. Les Français sont de plus en plus nombreux à vouloir se faire tester, mais pourquoi est-ce si compliqué ?

Depuis plusieurs semaines, les délais pour se faire tester au coronavirus ne cessent d’augmenter. En région parisienne, il faut parfois attendre jusqu’à deux semaines avant d’obtenir un rendez-vous. Des laboratoires proposent aussi des tests sans rendez-vous, mais les patients, là aussi, ne cessent d’affluer et l’attente peut être parfois de plusieurs heures. Le gouvernement promettait de mettre à disposition des Français 700.000 tests par semaine. Or, à ce jour, entre 300.000 et 350.000 sont effectués chaque semaine. 

Pourquoi autant d’attente ?

Pourtant, ce ne sont pas les tests qui manquent. Les laboratoires sont tous équipés pour les effectuer, mais ils manquent cruellement de personnel. François Blanchecotte, président du syndicat des biologistes, en témoigne : "Il est évident que nous tombons dans une période extrêmement tendue, puisque nous sommes sur le pont depuis quatre mois avec notre personnel, et certains d’entre eux ont prétendu à prendre des vacances aussi. Donc nous avons des effectifs moindres dans les laboratoires".

Mais le manque de personnel n’est pas la seule cause des longues files d’attentes. Le nombre de personnes voulant se faire tester a lui aussi fortement augmenté ces dernières semaines. En plus des patients symptomatiques, beaucoup de Français souhaitent se faire dépister avant de partir voir leurs proches ou de prendre l’avion. "Les gens sont plutôt pressés de partir en vacances, explique François Blanchecotte. D’autres sont aussi tout simplement inquiets face aux nouveaux clusters qui se multiplient en France et désirent donc, par précaution, se faire tester".

L’afflux des personnes voulant se faire tester dans la région Île-de-France s’explique aussi par "les 1,3 million de bons gratuits qui ont été distribués" pour inciter les Franciliens à se faire dépister. Mais, c'est aussi le cas dans d'autres régions françaises comme dans les Hauts-de-France ou dans le Pays de la Loire. 

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Faut-il prioriser les tests ?

Face à la recrudescence du nombre de cluster, il est donc important pour François Blanchecotte de tester d’abord les personnes avec des symptômes du coronavirus pour les identifier, et ensuite trouver les personnes avec qui ils ont été en contact pour éviter la création de nouveaux clusters. Le président du syndicat des biologistes propose donc "d’essayer de trouver une priorisation des tests [...] On va finir par oublier que des personnes symptomatiques doivent être priorisées. Il faut absolument qu’une personne avec les moindres symptômes puisse être vue par un médecin", alerte-t-il. 

D’autres personnels pour réaliser les tests ?

Face au manque de personnel pour effectuer les tests, de nombreuses alternatives ont été trouvées. Les laboratoires vétérinaires ont été mis réquisitionnés pour analyser les prélèvements. Au pic de l'épidémie, des bus appartenant à la gendarmerie, habituellement utilisés pour les enquêtes scientifiques, avaient été utilisés là aussi pour  analyser les prélèvements.

Depuis quelques jours, il est également possible de se rendre en pharmacie pour effectuer un test sérologique sanguin. Pour 20€, le patient peut alors être testé en 15 min. S’il est positif, son prélèvement sanguin sera alors envoyé dans un laboratoire.

Les sapeurs-pompiers et la Croix-Rouge sont aussi appelés en renfort dans certaines régions de la France. Depuis le 10 juillet, les techniciens des laboratoires ont été réquisitionnés pour effectuer des tests. Ce n’est pas pourtant pas suffisant pour François Blanchecotte, qui demande à ce que les "étudiants en médecine ou infirmiers" puissent venir en aide aux laboratoires surchargés.

Dans les Hauts-de-France, les appels aux centrales téléphoniques des laboratoires ont explosé. Tous voulaient se faire tester. Les laboratoires ont donc été obligés d’ouvrir un standard téléphonique pour répartir les 300.000 personnes qui devaient se faire dépister. En région parisienne c’est la même chose. 32 communes souhaitent multiplier les dépistages mais les centres manquent. L’Agence régionale de santé en a fermé huit récemment, alors que pour François Blanchecotte, il faudrait faire l'inverse : "Il va falloir multiplier les centres. La décision du ministre est de tester toute la population sans ordonnance, ce qui va être extrêmement difficile dans certains endroits".

Une fois testé, que faut-il faire ?

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Le président du syndicat des laboratoires fait appel au bon sens et à la prudence des Français, "s’ils font un test, ils doivent avoir la sagesse et la précaution de porter un masque pour se protéger". Il rappelle que lorsque l’on fait un test, celui-ci ne sera plus valable quinze jours plus tard. Il faut continuer d’appliquer les gestes barrières, "porter un masque, les distanciations, les lavages de main", pour éviter un afflux constant dans les centres de dépistage. S'il faut "retester des millions de gens tous les 15 jours, ça ne va pas être possible", alerte-t-il. 

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