Maladie de Lyme : en quoi consiste le protocole de dépistage ?

Maladie de Lyme : en quoi consiste le protocole de dépistage ?

DirectLCI
SANTÉ - Jeudi, l’ancienne gérante d’un laboratoire d’analyses médicales a été condamnée à neuf mois de prison avec sursis par la cour d'appel de Colmar pour avoir pratiqué des dépistages non conformes de la maladie de Lyme. En quoi consiste réellement le diagnostic ? LCI vous explique tout.

Long et délicat, le processus de dépistage  de la maladie de Lyme (ou borréliose de Lyme) s'apparente souvent au parcours du combattant pour les patients. La maladie est transmise par la morsure d'une tique, elle-même infectée par une bactérie de type Borrelia


Le premier des constats à établir après une morsure est un examen clinique. Un érythème migrant est en effet susceptible d'apparaître au niveau de la morsure et son développement est à surveiller pendant plusieurs jours. Un traitement antibiotique est éventuellement prescrit en premier recours, mais les tests sanguins sont alors inutiles. Il est toutefois fréquent que les patients ne remarquent pas la rougeur ou n'y voient pas un motif de consultation médicale. 

C'est lorsque les premiers symptomes de la maladie se font ressentir (maux de tête, douleurs musculaires ou articulaires, forte fatigue, paralysie partielle, éruptions cutanées, complications cardiaques...), et si le premier diagnostic n'a pas été effectué, que le patient pousse généralement la porte de son médecin. Une anamnèse peut alors permettre de recroiser les données et donner lieu à des examens plus poussés, tel qu'un électrocardiogramme et un examen neurologique.  


Des sérologies sont éventuellement effectuées pour vérifier et quantifier la présence d'anticorps spécifiques. D'abors un test IFI (Immuno-Fluorescence Indirecte) ou Elisa, effectué sur un prélèvement sanguin ou un échantillon de liquide céphalo-rachidien. Ils peuvent être éventuellement suivis d’une seconde sérologie plus pointue : le test de Western Blot, en cas de doute sur le diagnostic ou de résultat positif. Il sert à analyser la qualité des anticorps en action dans l'organisme, et à affiner le traitement à mettre en place, qui sera notamment composé d'antibiotiques. 

Le diagnostic étant difficile à mettre en place et les symptomes de la maladie tellement variés, les experts s'accordent sur le fait que les méthodes actuelles ne sont pas fiables et que la souffrance des patients n'est pas prise en compte à sa juste valeur. 


Fin septembre, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a donc présenté un "plan national" visant à améliorer la prise en charge de la maladie de Lyme. Elle propose notamment le développement de nouveaux tests de diagnostic, reconnaissant que les malades sont confrontés à un "sentiment d'abandon" et à "l'errance thérapeutique". 

En vidéo

Lyme : une maladie invisible

Jeudi, Viviane Schaller - aujourd’hui âgée de 68 ans et ancienne gérante d’un laboratoire d’analyses médicales à Strasbourg - a été condamnée en appel à une peine de prison de 9 mois avec sursis pour  "escroquerie". Elle devra également s’acquitter d’une somme de 228 000 euros, afin de dédommager la Sécurité sociale, à laquelle elle a demandé des remboursements pour des tests de dépistages de la maladie de Lyme qui n’étaient pas homologués (elle abaissait  les seuils de positivité des tests qu’elle pratiquait, afin de justifier d'autres tests pratiqués par la suite). Ainsi, Viviane Schaller aurait annoncé à des milliers de patients qu’ils étaient porteurs de la maladie, alors que des tests préalables leur avaient annoncé le contraire. Des diagnostics qui restent à ce jour, à être vérifiés.


Inédit, ce procès a retenu l’attention des personnes atteintes par la maladie de Lyme et des associations qui luttent pour que la maladie soit prise en compte par les autorités médicales. Certains patients sont même venus témoigner durant le procès pour soutenir la biologiste. 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter