"On espère avoir une information plus rapide" : à quoi pourraient servir les tests massifs en France ?

"On espère avoir une information plus rapide" : à quoi pourraient servir les tests massifs en France ?
Santé

QUESTIONS - Ce samedi, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé son intention de tester jusqu'à 700.000 personnes par semaine à partir du 11 mai prochain. Des tests massifs qui, alors que l'OMS a émis des réserves quant à l'immunisation dont bénéficieraient ceux qui ont déjà été contaminés, pourraient permettre de mesurer plus rapidement les effets du déconfinement.

Depuis plusieurs semaines, la question des tests de dépistage alimente beaucoup de discussions, certains considérant qu’il s’agit de la clé pour évaluer et venir à bout de l’épidémie de Covid-19. Le tout en mettant en avant l’exemple de la Corée du Sud, qui a très rapidement effectué des tests massifs sur sa population, parvenant à juguler le virus.

Lors d’un déplacement en Seine-Saint-Denis ce samedi, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé sa volonté de réaliser 500.000 à 700.000 tests par semaine à partir du 11 mai prochain. Ainsi, cette volonté, érigée en "priorité nationale", aura pour but de tester tous les cas suspects, les personnes présentant des symptômes du Covid-19, et les personnes ayant été en contact rapproché avec des cas confirmés de coronavirus.

"Aucune preuve" d'une immunité des anciens malades

Pourtant, si la solution des tests est saluée par de nombreux observateurs et médecins, leur fiabilité reste encore à prouver. L’organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré vendredi que les tests sérologiques actuellement utilisés avaient "besoin d’une validation supplémentaire pour déterminer leur exactitude et leur fiabilité". Samedi, l’OMS a également indiqué qu’il n’y avait "actuellement aucune preuve que les personnes qui se sont remises du Covid-19 et qui ont des anticorps soient prémunies contre une seconde infection."  L'enjeu des tests de sérologie dépasse donc la question du confinement. Ils donneront "une image beaucoup plus précise de l'étendue de l'épidémie dans tous les pays", note l'OMS.

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Sur LCI ce samedi, Jean-Stéphane Dhersin, spécialiste en modélisation des épidémies au CNRS, a expliqué qu'en ayant recours à ces tests, la communauté scientifique et médicale "espère avoir une information plus rapide avec les tests. Actuellement, on ne testait que les gens qui arrivaient à l’hôpital et dans un état déjà très grave. L’information, jusqu’à présent, arrive avec un fort décalage. On a eu un décalage de trois semaines pour l’effet positif [du au confinement, ndlr], et cela pourrait être le cas pour les résultats du déconfinement. Les tests peuvent aider pour avoir l’information sur le résultat du déconfinement, plus tôt que ce que l’on a jusqu’à présent." 

Certains gouvernements - Italie, Allemagne - avaient par ailleurs émis l'idée de délivrer des documents attestant l'immunité des personnes sur la base de tests sérologiques révélant la présence d'anticorps dans le sang, de façon à déconfiner et à permettre peu à peu leur retour au travail et la reprise de l'activité économique.

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