Thrombose après le vaccin AstraZeneca : la piste d'une mauvaise méthode d'injection ?

Thrombose après le vaccin AstraZeneca : la piste d'une mauvaise méthode d'injection ?

VACCINATION - Un responsable de l'Agence européenne du médicament a évoqué mardi un "lien" entre le vaccin AstraZeneca et les rares cas de thrombose. Selon plusieurs médecins, une mauvaise méthode d'injection pourrait en être à l'origine.

À quoi sont dûs les rares cas de thrombose observés dans plusieurs pays d'Europe après la vaccination par AstraZeneca ? Alors que l'Agence européenne du médicament (EMA) livrera ce mercredi après-midi "la conclusion de l'examen du signal d'alarme" après la formation de caillots sanguins chez des patients vaccinés, plusieurs médecins mettent en avant l'hypothèse d'une mauvaise méthode d'injection.

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"Ce vaccin doit être injecté en intramusculaire", explique sur LCI le Dr Xavier Pothet, médecin généraliste, seringue entre les mains pour détailler le geste (voir vidéo en tête de cet article). "On pique perpendiculairement au muscle, mais la seule façon d'être certain d'être dans un muscle, c'est de tenir le corps de la seringue et de provoquer un reflux du piston vers l'arrière." Dans ce cas, en cas d'apparition d'un reflux de sang dans la seringue, "cela signifie certes que vous êtes dans un muscle, mais aussi dans un vaisseau sanguin". Si l'injection est réalisée, elle se ferait alors "en intravasculaire" ce qui pourrait provoquer, in fine, des caillots sanguins.

Une hypothèse mise en avant par un collectif de médecins

En ce sens, la méthode d'injection pourrait être la cause des rares cas de thromboses observés chez des patients vaccinés, plutôt que le produit suédo-britannique en lui-même. "Ce serait dû à la seringue mais aussi à la façon d'injecter", poursuit le Dr Pothet. Or, "le fascicule du fabriquant préconise d'injecter le produit directement : vous piquez, vous injectez. Pourtant, lorsque nous apprenons à réaliser des injections intramusculaires, il faut piquer, reculer le piston pour vérifier qu'il n'y a pas de reflux de sang dans la seringue, et ensuite injecter".

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Cette hypothèse a d'ailleurs déjà été relevée par un collectif de médecins. "Peut-être que des injections accidentelles non-intramusculaires mais tombant dans un vaisseau sanguin pourraient activer, avec cet adénovirus, le système de coagulation", rapporte sur LCI le Pr Imad Kansau, infectiologue à l'hôpital Béclère de Clamart. "Cela pourrait expliquer les rares cas (de thromboses) chez les patients. Mais faut-il encore le démontrer." Reste désormais à savoir si l'EMA tirera les mêmes conclusions.

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