Traitement du Covid-19 : pourquoi les tests sur le sang de ver marin sont suspendus

Traitement du Covid-19 : pourquoi les tests sur le sang de ver marin sont suspendus
Santé

COUP DE FREIN - L'essai clinique qui prévoyait d'administrer à des patients atteints du Covid-19 une solution issue du sang d'un ver marin a été stoppé jeudi, son autorisation ayant été retirée dans l'attente d'une nouvelle évaluation, a indiqué l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

L'AP-HP avait annoncé samedi le lancement d'une solution issue du sang d'un ver marin qui avait reçu l'autorisation de l'ANSM le 27 mars et le feu vert d'un comité de protection des personnes le 3 avril. Rétropédalage ce mardi, de l'Agence du médicament (ANSM) qui a décidé de tout suspendre. 

Interrogé ce mardi sur LCI, Laurent Lantieri, chef de service de chirurgie à l'hôpital Georges-Pompidou, précise que "ce test n’a pas commencé, donc il n'y a eu aucun patient inclus, aucun problème particulier à déplorer". "L’ANSM demande des informations complémentaires sur des données qui ne sont pas publiées", précise-t-il, "je lui ai donc tout transmis ce matin." 

La raison de cette suspension est simple : l'Agence a effectivement pris connaissance de résultats négatifs d'une étude précédente non clinique chez le porc, réalisée en 2011, de cette solution aux pouvoirs d'oxygénation très importants, fabriquée par la société bretonne Hemarina. Or les "résultats de cette étude n'ont pas été versés à l'ANSM dans le cadre de la demande d'autorisation de l'essai clinique", précise un bref communiqué du groupement hospitalier. 

En conséquence, "l'AP-HP a décidé de ne plus être promoteur" de cet essai clinique, ajoutant qu'une "réévaluation (...) est nécessaire pour apprécier les risques encourus au regard du bénéfice escompté chez les patients". 

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Cette décision reste provisoire selon Laurent Lantieri qui, de son côté, se veut rassurant sur cette solution issue du sang d'un ver marin qu'il qualifie de "révolutionnaire", "démontrant qu'en injectant cette molécule utilisée dans la transplantation, on augmente la quantité d’oxygène dont dispose le patient, ce qui pourrait à terme réduire le temps d’hospitalisation et, éventuellement, ne plus avoir à intuber certains patients". Selon lui, il est donc légitime de "faire une pause si on a des questions, il faut attendre un peu de temps avant de démarrer". 

Dix patients en état très grave, hospitalisés avec un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) dans les services de réanimation de l'Hôpital européen Georges-Pompidou et de la Pitié-Salpêtrière, devaient se voir administrer ce produit pour évaluer s'il était bien toléré et s'il permettait d'améliorer l'oxygénation de leurs organes. 

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