Tuberculose : il faut trouver de nouveaux antibiotiques

Santé
BACILLE – Ce 13 novembre, Priscille Brodin reçoit le prix Sanofi-Institut Pasteur pour ses travaux sur la tuberculose. Cette maladie n'a en effet pas disparu même s'il existe déjà un vaccin. Explications.

En 2013, 9 millions de personnes ont développé la tuberculose dans le monde et 1,5 million en sont mortes, révèle l'OMS . La maladie recule  : la mortalité a diminué de 45% entre 1990 et 2013. Ainsi, le nombre de cas en France est faible (5187 en 2010, 4991 en 2011, 4789 en 2012). Mais l'Ile-de-France (1747 cas en 2012), la Guyane ou Mayotte restent des territoires plus à risque.

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Booster l'organisme contre le bacille de Koch

La microbiologiste cellulaire Priscille Brodin , qui mène des recherches sur le bacille de Koch , la mycobactérie qui cause la tuberculose, reçoit ce jeudi 13 novembre le prix Sanofi-Institut Pasteur. Ce prix a pour vocation de soutenir la recherche biomédicale qui apporte des solutions aux enjeux de santé contemporains.

Elle étudie comment le bacille survit au sein de ses cellules hôtes. La bactérie envahit en effet les cellules du système immunitaire que sont les macrophages . L'objectif : comprendre comment le bacille parvient à ne pas être éliminé par ces cellules dont le rôle est justement de combattre les bactéries, savoir comment "booster la cellule hôte afin qu'elle réponde mieux contre le bacille" et, à terme, développer de nouvelles approches thérapeutiques.

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Traitement pendant six mois

En effet, la tuberculose est une maladie qui peut être soignée et guérie. Mais le traitement est long (six mois), contraignant et difficile à suivre. En outre, les bactéries commencent à être multi-résistantes : un demi million de cas de tuberculose dans le monde sont causés par des bactéries mutantes. Et le vaccin actuel (le BCG , mis au point dans les années 1920 et qui n'est plus obligatoire depuis 2007) n'est efficace qu'à 75-85%. D'où l'intérêt de recherches visant à développer de nouvelles antibiothérapies et un nouveau vaccin.

Pour cela, l'équipe de recherche menée par Priscille Brodin teste in vitro plusieurs centaines de milliers de molécules et, dès que l'une d'elles s'avère active sur le bacille ou booste le macrophage, elle tente de l'optimiser au niveau chimique. Sachant qu'un médicament met 20 ans à être développé, "si on ne cherche pas maintenant, on ne l'aura pas dans 20 ans", souligne la chercheuse.

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