Un nouvel outil permet de diagnostiquer la maladie du soda : ce qu’il faut savoir

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MALADIE SILENCIEUSE – Parce qu’elle évolue sans symptômes apparents, la stéatose hépatique non alcoolique (NASH), aussi appelée maladie du soda ou du foie gras, est difficile à diagnostiquer et donc à soigner. Mais des chercheurs français ont mis au point un outil qui pourrait révolutionner sa prise en charge. L’occasion de faire le point sur une maladie qui gagne du terrain, en France et dans le monde.

Près de 900.000 Français sont concernés par la stétato-hépatite non-alcoolique (NASH), aussi surnommée la maladie du soda ou du foie gras. Mais ces chiffres pourraient être sous-estimés car la maladie est intimement liés à notre (mauvaise) hygiène de vie. Le chroniqueur du Canal Football Club, Pierre Ménès, en a fait l’amère expérience. Il a pu être sauvé grâce à une greffe du foie et du rein en janvier 2017.


D’évolution lente et silencieuse, la maladie est très difficile à diagnostiquer. Et lorsque la biopsie est envisagée, c'est que le stade est déjà bien avancé. Des chercheurs français ont peut-être trouvé une solution au problème de diagnostic en mettant au point un algorithme. Leur découverte a été présentée lors d’un congrès réuni à l’Institut Pasteur de Paris les 6 et 7 juillet.

Qu’est-ce que la maladie du soda ?

La maladie est intimement liée à une mauvaise hygiène de vie et à l’obésité, mais pas à une consommation excessive d’alcool. Ici, le fautif est la malbouffe qui va malmener le foie. "Il faut faire la différence entre la stéatose pure et la NASH, expliquait à LCI le Pr Patrick Marcellin, hépatologue à l’hôpital Beaujon de Clichy et chercheur à l’INSERM dans un précédent article. La première, qui est une sorte de sonnette d’alarme de notre foie, est traitable. La NASH, par contre, est beaucoup plus grave car elle entraîne des cirrhoses et des cancers."

Quels sont les symptômes ?

La maladie du soda est sournoise et silencieuse. Lorsque le foie s’infllamme et que la douleur se manifeste, NASH est déjà bien installée. 

Comment la diagnostiquer ?

Actuellement, la biopsie est le seul outil de diagnostic fiable mais l’examen, très invasif, n’est pas réalisé dès les premières douleurs. Mais un outil mis au point grâce à la collaboration de plusieurs hôpitaux universitaires français pourrait révolutionner le dépistage. D’après les conclusions de leurs travaux publiés dans le Journal of Hepatology, l’objet appelé eLIFT détecterait les cas de NASH avec 78% d’efficacité. Il repose en fait sur un algorithme qui prend en compte plusieurs paramètres biologiques tels que l’âge et le sexe du patient, mais aussi d’autres données physiologiques (prothrombine, aspartate aminotransférase…) pouvant être utilisés par les médecins. Dans un second temps, si le résultat est positif, un hépato gastro-entérologue pourra réaliser des examens plus approfondis.

Quels sont les traitements ?

Tout le problème est qu’il n’y en a pas. Une fois diagnostiqué, le patient doit donc impérativement modifier son hygiène de vie. Cela passe par une alimentation équilibrée et la pratique d’une activité physique régulière. Si les bonnes habitudes sont prises suffisamment tôt, lorsque la maladie est encore à un stade précoce, la guérison est possible. Sinon, le risque est de voir la pathologie évoluer vers un cancer du foie ou une cirrhose. 

Comme de nombreux patients souffrent aussi d’obésité, certains peuvent aussi recourir à la chirurgie bariatrique afin de réduire l’inflammation du foie. Une étude, dont les résultats doivent encore être confirmés, a fait montre de résultats positifs lorsque le patient parvenait à stabiliser son poids sur la durée. 

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