Un patient se fait greffer un visage pour la deuxième fois, du jamais vu

Un patient se fait greffer un visage pour la deuxième fois, du jamais vu

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PROUESSE - L'opération s'est déroulée lundi dernier à l'hôpital Georges Pompidou, à Paris. Un homme, qui avait déjà subi une greffe du visage, a dû en subir une nouvelle à la suite d'un rejet. Une première pour la médecine.

Par deux fois, il a changé de visage. Un homme qui avait reçu une greffe totale du visage il y a plusieurs années a dû en subir une nouvelle, lundi  dernier, à cause d’un rejet. Malgré le risque d'un nouveau rejet, l'opération démontre "pour la première fois dans le domaine des greffes vascularisées composites (face et main) qu’en cas de rejet chronique, une retransplantation est possible", souligne dans un communiqué l’Agence de la biomédecine et de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP).


L’opération a été réalisée à l’hôpital européen Georges Pompidou, à Paris, par l’équipe du professeur Laurent Lantieri, spécialiste de ce type d’intervention. Selon l'AP-HP, elle a débuté "lundi 15 janvier en début d'après-midi et s'est terminée mardi 16 janvier en début de matinée". Le patient, qui présentait un rejet chronique, avait été placé le 27 octobre dernier sur liste d'attente dans l'optique d'une nouvelle greffe de la part d'un donneur décédé. Trois jours plus tard, et au vu de son état de santé, il avait dû se faire retirer son visage. Il était depuis hospitalisé en réanimation.

Des risques importants pour la santé du patient

Pour le moment, l’état de santé du bénéficiaire n’a pas été communiqué. L’AP-HP précise cependant que "cette greffe est soumise à des contraintes immunologiques sévères et seul le suivi à plusieurs semaines confirmera la viabilité du greffon." "La possibilité de rejet, qui existe pour toutes les greffes, est à priori plus importante" pour celles du visage et des mains, explique à l'AFP le professeur Olivier Bastien, de l'Agence de la biomédecine. Ce type de greffes concerne en effet "les structures profondes de la peau, qui attirent beaucoup les lymphocytes". Ces globules blancs s'attaquent aux tissus greffés, considérés comme un corps étranger.


Les traitements anti-rejets peuvent eux aussi causer de graves problèmes de santé aux bénéficiaires de greffes. Les patients transplantés seraient entre autres plus vulnérables aux risques d'infections, de cancers et peuvent souffrir d'effets secondaires parmi lesquels le diabète, l'insuffisance rénale, ostéoporose, ou encore l'hypertension artérielle.

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Une opération complexe et rare

La première greffe (partielle) du visage avait été réalisée en 2005 par l'équipe du professeur français Bernard Devauchelle. Elle avait bénéficié à une femme de 38 ans, Isabelle Dinoire, qui avait été défigurée par son chien. Elle est décédée en avril 2016 d'une tumeur.  Les deux premières greffes totales du visage, elles, datent de 2010. Elles avaient été réalisées par une équipe espagnole et le professeur Lantieri.

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Une greffe de peau inédite

Depuis 2005, moins de quarante greffes du visage ont été réalisées dans le monde. Ce type de greffes reste rare car il concerne des cas exceptionnels pour qui la chirurgie réparatrice classique ne suffit pas, souligne le professeur Bastien. "Ce n'est pas une greffe uniquement esthétique", ajoute-t-il. "Elle a vocation à restaurer la mastication, la salivation, et nécessite le repousse des nerfs qui permettent de commander ces actions. Toute la partie rééducation est très longue."

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