Une biopile au service des porteurs de stimulateurs cardiaques

Une biopile au service des porteurs de stimulateurs cardiaques

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CARDIO - Deux chercheurs français ont développé une pile implantable dans le corps humain et fonctionnant au glucose dans l'idée d'en faire une source d'énergie perpétuelle pour des implants cardiaques. Un procédé qui permettra d'éviter les opérations chirurgicales pour les remplacer trop souvent.

Une véritable pile qui s'auto-alimente, voilà ce que sont parvenus à mettre au point deux chercheurs français. Cette invention du médecin Philippe Cinquin et du bio-électrochimiste Serge Cosnier vient d'être retenue par l'Office européen des brevets (OEB) pour la finale du Prix de l'inventeur européen dans la catégorie Recherche. Leur biopile implantable pourrait révolutionner l'alimentation des appareils médicaux implantés dans le corps humain car elle est présentée comme une source d'énergie inépuisable.

Le dispositif génère de l’électricité à partir du glucose (sucre), source d’énergie des cellules vivantes. Ce nutriment circule dans le sang et apporte au corps l'énergie dont il a besoin. "Le fait qu'il soit toujours disponible, fait du glucose une source d'énergie sans pareil pour les stimulateurs cardiaques et autres implants", expliquent les chercheurs. Car si ces appareils sauvent des vies, ils ont un gros point faible : leur durée de vie de batterie est limitée, en moyenne huit ans.

"Des sources d’énergies inépuisables pour les implants"

Passée cette période, l’implant doit être remplacé lors d’une opération chirurgicale, ce qui entraîne une hospitalisation, des risques pour la santé et des coûts. "Cette biopile est tout particulièrement intéressante pour les stimulateurs cardiaques sans fils, directement vissés dans le cœur, pour lesquels l’alimentation électrique est un point sensible", précisent les chercheurs. Cela faisait depuis les années soixante, que la recherche médicale essayait de trouver comment utiliser l’énergie contenue dans le glucose.

C'est en conjuguant leurs travaux dans des disciplines totalement différentes que les deux scientifiques se sont penchés sur le sujet dès 2003 et leur invention a été brevetée sept ans plus tard. "Grâce à ces travaux, la technologie médicale s’est rapprochée d'un de ses buts : pouvoir fournir des sources d’énergies inépuisables pour les implants", commente Benoît Battistelli, Président de l’OEB. Les avancées de cette équipe offrent la possibilité à des millions de porteurs d’implants".

Pour éviter tout risque de contamination ou d'inflammation, les chercheurs ont élaboré une membrane spéciale et, en plus, une enveloppe protectrice autour de la pile. Sa puissance atteint environ 0.5 microwatt par microlitre. Philippe Cinquin et Serge Cosnier se concentrent actuellement sur l'application médicale de leur biopile, mais ils envisagent également son utilisation pour les ordinateurs et les téléphones portables dans les années à venir.

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