Une molécule pour surveiller soi-même le dosage d'un médicament

Une molécule pour surveiller soi-même le dosage d'un médicament

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SCIENCES - Des chercheurs ont mis au point une molécule capable de suivre un médicament à la trace dans le sang afin de déterminer le taux de substances pharmaceutiques présentes dans le corps d’un patient. Cette méthode est si simple que les malades pourront l’utiliser sans un médecin, un peu comme la surveillance de la glycémie chez les diabétiques.

Pour de nombreux médicaments, le dosage est essentiel : la concentration du principe actif dans le sang ne doit être ni trop élevée, ni trop faible. En effet, pour des médicaments comme des anticancéreux ou des immunosuppresseurs, la réussite d'un traitement résulte d'un subtil équilibre entre l'efficacité du produit et le risque d'effets secondaires. Chaque patient étant différent, un suivi constant du dosage est nécessaire. Mais les méthodes actuelles de surveillance supposent du personnel spécialisé et des équipements coûteux.

Des chercheurs de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse) ont développé une nouvelle méthode qui pourrait être utilisée par les patients eux-mêmes. L'innovation présentée dans la revue Nature Chemical Biology repose sur de nouvelles molécules bioluminescentes. Ces dernières ont la particularité de changer progressivement de couleur en fonction de la concentration du médicament dans le sang du patient. Baptisées LUCIDs, ces molécules contiennent notamment une enzyme appelée luciférase, capable de produire de la lumière.

"Une solution efficace et bon marché"

La lumière émise par la molécule passe du rouge au bleu proportionnellement à la concentration de médicament dans le sang. "Le médecin et le patient peuvent facilement obtenir un signal en déposant un échantillon de sang sur un bout de papier, en le plaçant dans une boîte noire et le photographiant avec un appareil photographique. Le cliché peut ensuite être analysé au moyen d’un logiciel qui mesure les couleurs et génère une mesure moyenne (…) avant de comparer cette valeur à une courbe standard de concentration médicamenteuse", expliquent les chercheurs.

Le principe a été testé avec succès pour six disponibles dans le commerce, dont trois immunosuppresseurs, un antiépileptique, un antiarythmique (utilisé en cardiologie), et un anticancéreux. Ce système offre une solution efficace et bon marché pour personnaliser le dosage des médicaments de patients atteints de diverses maladies", précise Rudolf Griss, l’un des auteurs de cette étude. Si les chercheurs soulignent qu'il reste plusieurs étapes à franchir pour arriver à un dispositif utilisable en pratique, ils ont déjà développé une start-up pour commercialiser l'innovation.

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