Une semaine avant la levée des 10 km, quelle est la situation par rapport au dernier déconfinement ?

Le seuil des 6000 patients atteints du Covid actuellement en réanimation vient d'être franchi. On se souvient qu'au plus fort de l'épidémie l'an dernier le record si l'on ose dire était de 7.000 patients en réanimation. Avons-nous aujourd'hui atteint un pic ? La courbe va-t-elle redescendre ? Les malades ont-ils les mêmes caractéristiques qu'il y a un an ? Sont-ils mieux soignés ? Explications

ÉPIDÉMIE - Le 3 mai, les Français pourront à nouveau se déplacer à plus de 10 km de leur domicile. Une première étape d’un déconfinement pour le moins risquée, compte tenu des indicateurs épidémiologiques, nettement moins bons qu'au précédent déconfinement, le 15 décembre 2020.

Déconfinement, acte 3. Lundi 3 mai, la contrainte des déplacements de moins de 10 km sera levée et les collégiens et lycéens reprendront les cours, une semaine après les écoliers. Une première étape de la réouverture du pays que le gouvernement veut très progressive vu la situation sanitaire très instable et l’incapacité de prévoir la dynamique de l’épidémie dans les prochaines semaines. À la mi-mai, doit suivre le dépliement des terrasses partout en France et puis la réouverture de certains lieux culturels, assortis d’un nouveau protocole sanitaire. Pour de nombreux spécialistes, desserrer la vis à cette période de l’année relève de l’absurde, tant les indicateurs sont médiocres. En comparant avec le dernier déconfinement national, entamé le 15 décembre dernier et jamais arrivé à son terme, on s’aperçoit rapidement que la situation est bien différente en cette fin avril.

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Des objectifs lointains aujourd'hui

D’abord, le nombre de nouveaux cas positifs quotidiens n’est pas comparable. Au 15 décembre, on dénombrait 11.532 nouveaux cas détectés en 24 heures, le double du seuil fixé par le gouvernement à l’époque, mais bien en deçà des 28.000 cas moyens quotidiens recensés le 27 avril. Le taux d’incidence, cet indicateur scruté un temps par l’exécutif pour décider de mesures territorialisées, se situait à 128 nouveaux cas pour 100.000 habitants sur les sept derniers jours. Aujourd’hui, malgré une baisse, ce taux reste très élevé au niveau national, à 306 pour 100.000 habitants. Si le gouvernement ne se fixe plus de seuils pour déconfiner, c’est justement pour permettre de déconfiner un jour. Car l’objectif de descendre en dessous des 3000 patients admis en réanimation, atteint en décembre, serait inaccessible aujourd’hui. 

Cette fois, la vague épidémique dépasse largement les niveaux de la précédente dans les hôpitaux, qui dénombraient, toujours le 27 avril, 30.281 malades du Covid. Lundi 26 avril, la barre des 6000 patients en réanimation a été franchie avant de redescendre le lendemain à 5943 malades et le taux d’occupation des lits est encore saturé puisqu’il est estimé à 117,9%. Au 15 décembre, ils étaient 25.240 malades hospitalisés, dont 2881 patients en réanimation. Le taux d’occupation des lits de réanimation, lui, était évalué à 56,8%. Et tandis que la tendance était à la baisse dans les hôpitaux à la mi-décembre pour le deuxième déconfinement, les établissements continuent de se remplir, avec un léger infléchissement ces dernières 24 heures aussi bien en réanimation qu’à l’hôpital. 

Entre deux confinements, les variants ont émergé

Aujourd’hui, la mortalité est encore très forte malgré la vaccination de la moitié des plus de 75 ans, avec 400 morts par jour en moyenne. En décembre, la vaccination n’avait pas encore démarré et l’on dénombrait quotidiennement 300 décès à l'hôpital. Si à l’époque, la situation sanitaire se voulait fragile, à tel point que plusieurs étapes avaient été dessinées et que la réouverture des musées ou des restaurants prévue au 20 janvier n’a jamais eu lieu, aujourd’hui, les variants du virus changent la donne et rendent l’avenir encore plus incertain. Tandis que le variant découvert en Angleterre est désormais majoritaire en France et bien plus contagieux que la souche originelle, les variants sud-africain et brésilien inquiètent aussi et ne régressent pas sur le territoire, contrairement aux dires de Jean Castex. 

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Dans un contexte où les projections sont difficiles, l’institut Pasteur élabore des scénarios jusqu’à l’été à partir de modélisations mathématiques incluant la levée des mesures et le rythme de la vaccination. "Une remontée importante des hospitalisations pourrait être observée en cas de levée trop rapide des mesures de freinage le 15 mai, même sous des hypothèses optimistes concernant le rythme de vaccination", prévient l’institut Pasteur, tandis qu’"une levée plus progressive de ces mesures pourrait permettre de décaler la reprise à un moment où la campagne de vaccination aura progressé, diminuant d’autant l’intensité de cette reprise". Considérant que "le passage de 350.000 à 500.000 doses de vaccins distribuées par jour permettrait de réduire de façon substantielle l’intensité de la reprise", Pasteur explique faire le choix de dessiner des "hypothèses optimistes sur le rythme de vaccination". Il alerte sur le fait que "les projections seront dégradées si nous ne réussissons pas à atteindre ces objectifs". 

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