Une thérapie génique au secours d'une maladie rare

Une thérapie génique au secours d'une maladie rare

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RECHERCHE - Une thérapie génique contre les troubles cardiaques dont souffrent les patients atteints d'une maladie neurodégénérative orpheline, l'ataxie de Friedreich, a démontré sa grande efficacité sur des souris. Ces résultats donnent un espoir de traitement pour des milliers de malades d'ici deux à trois ans.

Elle fait partie de ses nombreuses maladies orphelines pour lesquelles il n'existe actuellement aucune réponse thérapeutique. Les patients atteints d'ataxie de Friedreich n'ont peut-être plus longtemps à attendre car une récente thérapie génique menée par des chercheurs de l'Inserm sur des souris donne l'espoir d'un futur traitement. Il s'agit d'une maladie héréditaire rare et grave (1 naissance sur 50 000) qui affecte le fonctionnement du système nerveux, du cœur et qui entraîne un risque accru de diabète.

Elle débute le plus souvent à l’adolescence par des troubles de l’équilibre et de coordination des mouvements volontaires des jambes et des bras. La plupart des personnes qui en souffrent sont dans un fauteuil roulant au bout de dix à vingt ans d’évolution. Mais ce sont surtout les complications cardiaques qui engagent le pronostic vital chez 60 % des patients, le plus souvent avant l’âge de 35 ans. Aucun traitement efficace n’est disponible à l’heure actuelle pour cette maladie et ses complications.

Un virus modifié comme cheval de Troie

Depuis 1996, ses origines de cette maladie sont établies. Il s'agit de la mutation d'un gène, le FXN. Cette mutation conduit à une réduction drastique de la production de la protéine appelée "frataxine" ce qui entraîne par conséquent une déficience. Cette défaillance perturbe l'activité des mitochondries, des organites jouant un rôle fondamental dans la production d’énergie. Ce déficit énergétique touche à son tour les tissus nerveux (cervelet, moelle épinière) et cardiaques, et peut être fatal pour le cœur.

Les chercheurs de l'Inserm ont développé une approche thérapeutique basée sur l'utilisation d'un virus rendu inoffensif appelé AAV. Ils ont "inséré" une copie de ce gène déficient FXN dans ce virus modifié, connu pour cibler les cellules cardiaques. Une fois véhiculé dans l'organisme via le virus, ce gène-médicament relance la production de la protéine frataxine. Des essais menés sur des souris reproduisant les symptômes cardiaques des malades ont montré une efficacité dès la première injection de cette thérapie.

Une rémission complète et durable

"Non seulement le traitement permet d’empêcher le développement de l’atteinte cardiaque chez les animaux avant l’apparition des symptômes, mais il entraîne un rétablissement rapide du cœur à un stade avancé de la maladie cardiaque", précise l'étude. Au bout de trois semaines de traitement, le cœur redevient totalement fonctionnel. "C’est la première fois qu’une thérapie génique permet une rémission complète, durable et aussi rapide d’une maladie cardiaque", explique Hélène Puccio principal auteur de l'étude.

Par ailleurs, le système nerveux central étant une autre cible du virus AAV, les chercheurs sont en train de vérifier si une approche similaire de thérapie génique pourrait être aussi efficace au niveau de la moelle épinière et du cervelet qu’elle l’est pour le cœur. Il est d'ores et déjà établi que ces résultats prometteurs feront l'objet de premiers essais cliniques d'ici fin 2015 ou début 2016. Ils porteront sur trente à quarante patients, répartis entre la France et les Etats-Unis.

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