Urgences : ces accidents du quotidien qui vous guettent

Urgences : ces accidents du quotidien qui vous guettent

DirectLCI
SANTE - Avoir un médecin urgentiste à la maison peut s'avérer très pratique. A défaut, il y a le recueil du docteur Gérald Kierzek, sorti jeudi, qui détaille 101 conseils agrémentés d'anecdotes pour éviter de finir, un peu bêtement, aux urgences.

Les "petits" accidents de la vie quotidienne provoquent un afflux de patients aux urgences chaque année, avec pour conséquences des situations d'engorgement dramatiques. Avec 4,5 millions de blessés, 50 000 hospitalisations et près de 20 000 décès en France, l'enjeu sanitaire est en effet de taille. D'autant que, d'après le docteur Gérald Kierzek, médecin urgentiste à l'hôpital de l'Hôtel-Dieu de Paris, "la survenue de certains accidents pourrait être diminuée en suivant quelques conseils et en adoptant des réflexes simples". D'où l'ouvrage qu'il vient de sortir, jeudi 6 mars, intitulé "101 conseils pour ne pas atterrir aux urgences". Alors que le service d'urgences de son hôpital parisien a fermé en novembre, ce recueil de conseils pratiques, et simples à appliquer, tombe à pic.

Le vulgarisateur médical, qui sévit déjà à la télévision dans l'émission "Le Magazine de la santé" sur France 5, passe en revue toute une série de situations, parfois loufoques, quelquefois comiques, il faut bien l'admettre, mais bien souvent dramatiques. Des situations qui peuvent paraître anodines, tant elles concernent notre quotidien à tous, mais qui peuvent devenir très dangereuses, voire mortelles, si on n'y prend pas garde : ne jamais refréner un éternuement (rupture des tympans), toujours vider sa vessie avant de prendre la route (risque d'éclatement en cas d'accident), ne pas descendre les escaliers les mains dans les poches (perte d'équilibre et fracture), ranger les couteaux pointes vers le bas dans le lave-vaisselle (le cas d'une petite fille transpercée par trois lames, mais qui a survécu), sont quelques-uns des exemples détaillés par l'urgentiste.

"Confessions intimes"

Et bien sûr, il y a toute une partie sobrement intitulée "confessions intimes". Sans doute l'une des raisons qui ont conduit le facétieux Michel Cymes, présentateur du "Magazine de la santé", a signé la préface du livre, comme il l'admet à demi-mot. Le détail des exemples listés peut, certes, prêter à sourire. Mais les grimaces ne sont pas loin, provoquées par le descriptif des cas. Bon à savoir : "souffler dans le vagin n'est pas jouer", car cela peut provoquer une pneumopéritoine et conduire tout droit en chirurgie. Douleurs abdominales, convulsions voire coma et même décès ont déjà été répertoriés. Premier conseil : "ne pas être pudique et dire tout à votre médecin", afin d'éviter les diagnostics tardifs.

Moins dangereux mais tout aussi éloquent, ce que les urgentistes surnomment "le faux pas du coït", autrement appelé "fracture du pénis". Certes, le pénis n'est pas un os, mais un corps spongieux qui peut tout à fait se déchirer s'il est utilisé de manière trop brutale. Avec, comme conséquences, six semaines minimum de repos forcé, à coup de sédatifs s'il le faut (érection strictement interdite).

D'autres conseils peuvent être aussi très pratiques afin de se prémunir de certains "petits" désagréments : mesdames, si vous êtes sujettes aux infections urinaires, pensez à vous essuyer d'avant en arrière quand vous êtes aux toilettes et messieurs, si, comme 17 616 autres Américains répertoriés entre 2002 et 2012, vous avez un "accident de braguette" (peau de la verge coincée entre les dents de la fermeture), n'insistez pas et n'essayez pas de vous en dépêtrer par vos propres moyens. Au contraire, filez droit aux urgences pour éviter d'empirer la situtation. Et surtout, comme l'écrit le docteur Kierzek : "Ne soyez pas timide, vous n'êtes pas le seul".

"101 conseils pour ne pas atterrir aux urgences", Gérald Kierzek, aux éditions Robert Laffont (288 pages, 18 euros).

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter