Rennes : des dizaines de médecins du CHU démissionnent de leurs fonctions administratives

Rennes : des dizaines de médecins du CHU démissionnent de leurs fonctions administratives
Santé

RÉACTION - Deux mois après les annonces de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, une cinquantaine de médecins et de chefs de service du CHU de Rennes ont démissionné de leurs fonctions administratives "pour défendre le service public hospitalier". Une journée de grève est prévue le 14 février.

La menace était brandie depuis des mois, elle est désormais mise à exécution. Une cinquantaine de médecins et chefs de service du CHU de Rennes (Ille-et-Vilaine) ont démissionné ce lundi 27 janvier de leurs fonctions administratives pour défendre le service public hospitalier, mettant à exécution la menace brandie depuis la mi-janvier par le collectif Inter Hôpitaux.

Depuis mi-janvier, plus de 1 100 médecins hospitaliers, chefs de service et autres responsables de pôles ou d'unités fonctionnelles issus de toute la France, se disaient prêts à suspendre leurs activités d'encadrement en l'absence de "négociations" avec le gouvernement sur une augmentation du budget et des salaires à l'hôpital.

Réuni en assemblée générale nationale dimanche, le collectif Inter Hôpitaux, à l'origine de cette fronde, a décidé de passer à l'acte et d'envoyer "à partir de lundi" des lettres de "démissions collectives signées individuellement" aux directions de leurs établissements respectifs, a expliqué l'un de ses membres, le professeur André Grimaldi.

Voir aussi

Concrètement, les démissionnaires, désormais au nombre de "1.300" environ, ne participeront "plus aux réunions qui ne sont pas directement liées aux soins des patients ou à la recherche et l'enseignement", a-t-il détaillé.

Selon le Dr Hervé Léna, démissionnaire, les médecins protestent notamment contre "la tarification à l'activité qui est un goulet d'étranglement absolument phénoménal, la diminution du financement global de la santé et des missions qui n'arrêtent pas d'augmenter sans qu'il n'y ait des ressources en regard". 

Des promesses non tenues

Le pneumologue a regretté que "l'effort financier" promis par le ministère de la Santé en fin d'année concerne principalement "des soignants en Île-de-France ou en gériatrie alors que les difficultés touchent l'ensemble du monde hospitalier".

Après dix mois de crise à l'hôpital, syndicats et collectifs de soignants appellent à une nouvelle journée de grève et de manifestations le 14 février pour réclamer au gouvernement l'"ouverture de véritables négociations" sur le budget et les salaires du secteur.

Le 14 novembre, plusieurs milliers d'hospitaliers avaient défilé partout en France, lors d'une grève suivie par plus d'un médecin hospitalier sur quatre et plus d'un personnel paramédical sur dix.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent