Vaccin Janssen : a-t-on pris du retard ?

Ce vaccin n'est pas encore utilisé en Europe, mais il est passe de le devenir.

CALENDRIER - Autorisé il y a déjà un mois, le vaccin de Janssen, filiale de Johnson & Johnson, présente divers atouts, mais n'est pas encore distribué. Son utilisation devrait toutefois débuter sous peu... et rapidement s'accélérer.

Le 11 mars dernier, l'Agence européenne du médicament (EMA) délivrait une autorisation au vaccin développé par l'entreprise Janssen, filiale de Johnson & Johnson. Une décision attendue, les premiers résultats obtenus lors des essais cliniques laissant présager une efficacité et une sûreté au rendez-vous. Si l'UE a précommandé des millions de doses pour anticiper cette validation et accélérer son utilisation, aucune dose n'a pourtant été injectée à l'heure qu'il est.

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Ce vendredi, l'EMA a indiqué lancer une étude afin d'évaluer la cause de caillots sanguins, survenus notamment aux États-Unis. Une mesure de sécurité pour un vaccin qui présente sur le papier de multiples avantages : une seule injection, mais aussi des conditions de conservation peu contraignantes, le tout couplé à une efficacité importante (de l'ordre de 85% contre les formes graves). Si les premières vaccinations tardent à débuter, la situation devrait toutefois rapidement évoluer.

De premières livraisons ce mois-ci

La Direction générale de la Santé (DGS), contactée par LCI, indique que les premières livraisons du vaccin Janssen sont imminentes, bien que les volumes restent modestes dans un premier temps. Un peu plus de 200.000 doses doivent être reçues la semaine du 19 avril, tandis que ce sont 300.000 doses qui sont annoncées pour la semaine du 26. Près de 600.000 doses au total, donc, qui permettront d'immuniser autant de patients. 

Ce rythme va s'accélérer puisque la DGS confirme une montée en puissance durant le printemps : 1,7 million de doses annoncées en mai, puis 5,8 millions en juin. C'est au second semestre que la majorité des doses seront théoriquement livrées, puisque l'on en attend pas moins de 30 millions rien que pour l'Hexagone. Quid de la vitesse et du volume de ces livraisons par rapport aux objectifs ? Si l'on se penche sur d'anciennes prévisions, notamment celles datées du 23 février, on s'aperçoit que les ambitions ont été quelque peu revues à la baisse pour avril. Les autorités sanitaires tablaient en effet sur 2,7 millions de doses ce mois-ci. Les volumes prévus pour l'été n'ont quant à eux pas diminué, ce qui traduit simplement un léger décalage temporel dans l'approvisionnement.

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Afin d'aider Janssen à assurer l'approvisionnement de différentes commandes, il faut noter que Sanofi a proposé ses services et noué un partenariat. Un accord qui prévoit de partager "l’accès à ses infrastructures de fabrication de son site à Marcy-l’Étoile", dans la métropole de Lyon. Sanofi annonce une capacité de production d'environ 12 millions de doses par mois. Notons que ces volumes ne seront pas destinés uniquement à la France : comme le reste de la production, ils seront répartis à l'échelle de l'UE.

Des publics qui se précisent

Si les délais pour la réception des premières doses ont été légèrement allongés, on constate également que le profil des personnes qui recevront le vaccin Janssen se précise. La Haute autorité de santé, dès le 12 mars, s'est prononcée sur la place de ce vaccin dans la stratégie française. On apprenait alors qu'il "pourrait ainsi être utilisé de manière préférentielle dans

les zones géographiques où l’épidémie est particulièrement active et où une accélération de la campagne de vaccination est estimée nécessaire". 

Toujours selon la HAS, "compte tenu des données disponibles à ce jour, montrant son efficacité persistante sur les variants sud-africains et brésiliens, ce vaccin présente un intérêt particulier dans les zones géographiques où ces souches circulent activement". Facile d'utilisation grâce au recours à une seule et unique dose, il se révèle "particulièrement adapté pour les publics les plus éloignés du système de santé, les personnes en situation de précarité économique et sociale, et les

personnes en situation de handicap ou éprouvant des difficultés pour se déplacer". Un point qui s'explique également par des conditions de conservation peu contraignantes. 

La DGS, qui a bien sûr pris connaissance de ces recommandations, s'est globalement alignée. Elle confirme ainsi à LCI que "deux cibles spécifiques" ont été retenues. Tout d'abord, les "personnes dans les territoires isolés", comme à Saint-Martin par exemple, "où l'acheminement est particulièrement compliqué". Des discussions sont d'ailleurs actuellement en cours avec les représentants du ministère des Outre-mer. Autre cible, les personnes en grande précarité, parfois très éloignées du système de santé même si elles ont la volonté de se faire vacciner. Les acteurs qui œuvrent au quotidien dans ce secteur devraient, eux aussi, être contactés sous peu pour affiner la stratégie à adopter.

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