Vaccin contre le Covid-19 : public visé, bénéfices... 4 questions autour d'une possible troisième injection

Vaccin contre le Covid-19 : public visé, bénéfices... 4 questions autour d'une possible troisième injection

TROISIÈME DOSE - Les laboratoires Pfizer et BioNTech ont indiqué jeudi qu'ils allaient demander "l'autorisation des agences de médicaments pour une troisième injection contre le Covid-19. Une annonce qui soulève plusieurs questions.

L'administration d'une troisième injection de vaccin contre le Covid-19 qui semblait jusque-là n'être qu'une hypothèse pourrait prochainement se concrétiser. "Il nous faudra une troisième dose parce que les défenses immunitaires s'affaiblissent" a ainsi déclaré le Premier ministre Jean Castex lors du Congrès annuel des villes de France, ce jeudi. 

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Le même jour, l'alliance américano-allemande Pfizer/BioNTech a indiqué prévoir de demander "dans les semaines qui viennent" l'autorisation à l'Agence européenne des médicaments et son équivalent américain, pour l'administration de cette troisième dose. Quels sont les bénéfices escomptés ? Qui sera concerné ? Sommes-nous prêts ? On fait le point.

Quels sont les arguments en faveur d’une 3e dose ?

Pfizer/BioNTech préconise une troisième dose de son vaccin pour le rendre plus efficace au moment où le très contagieux variant Delta provoque des flambées épidémiques en Asie et en Afrique et fait remonter le nombre de cas en Europe et aux États-Unis. Les deux laboratoires ont annoncé jeudi dans un communiqué commun "des résultats encourageants" d'essais pour une troisième dose destinée à accroitre les bénéfices de la vaccination anti-Covid. 

Dans le détail, "des données préliminaires de l’étude montrent qu’une dose de rappel administrée six mois après la seconde dose a un profil de tolérance cohérent, tout en suscitant de hauts niveaux d’anticorps neutralisants" contre le virus, y compris contre le variant Beta, apparu en Afrique du Sud. Ces niveaux sont "5 à 10 fois supérieurs" à ceux observés après les deux doses initiales.  Les deux sociétés ont également souligné que leur vaccin avait montré de bons résultats en laboratoire contre le variant Delta, et qu’une troisième dose serait donc capable de renforcer l’immunité contre celui-ci également. Des tests sont en cours pour "confirmer cette hypothèse", ont-elles déclaré.

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"Une stratégie de rappel par une troisième dose ARNm semble justifiée, même s’il n’existe pas de données actuellement", considère de son côté le conseil scientifique dans son avis paru vendredi, précisant que "les discussions que le Conseil scientifique a avec le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale vont dans ce sens". Et de détailler : "La balance bénéfice/risque pour cette approche est clairement en faveur d’un bénéfice, même potentiel, au vu de l’absence d’effets indésirables graves dans cette population".

Qui serait concerné ?

Dans un premier temps, ne seraient concernés que les "les plus vulnérables, qui ont été vaccinées les premiers à la fois parce qu’ils sont vulnérables et que cette vaccination est intervenue de manière anticipée" a laissé entendre ce jeudi Jean Castex lors de son allocution à Blois (Loir-et-Cher). "Quand vous avez 90, 95 ans, votre système immunitaire répond moins bien. C'est pour ça qu'on envisage un rappel de vaccination à la rentrée pour les personnes âgées dans les Ehpad", a détaillé ce vendredi Olivier Véran sur franceinfo. C'est d'ailleurs ce que plaide le conseil scientifique qui dans son dernier avis préconise cette approche "initialement pour les plus de 80 ans, extensible potentiellement pour les décades d’âge inférieures secondairement."

À noter que dans un avis du 6 avril, le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale (COSV) a déjà recommandé "l'injection systématique d'une troisième dose de vaccin pour les personnes sévèrement immunodéprimées", à savoir des patients "dialysés", "transplantés d'organes solides" ou "de moelle osseuse". Sont également concernés, les patients atteints de maladies auto-immunes et suivant un traitement immunosuppresseur "fort de type anti-CD20 ou anti-métabolites", ainsi que ceux traités pour plusieurs types de lymphomes. Cet avis a été confirmé début mai par la direction générale de la santé (DGS).

Doit-on s'attendre à ce qu'une troisième dose soit administrée à une population plus large dans un second temps ? Sur le plan scientifique, "il n'y a pas d'indication qu'un rappel est nécessaire", écrivent les chercheurs d'Oxford dans leur étude préliminaire.  Les autorités sanitaires américaines ont d'ailleurs réagi avec circonspection, estimant que "les Américains qui ont été entièrement vaccinés n'ont pas besoin d'un rappel à l'heure actuelle", mais se disant prêtes "à administrer des doses de rappel si et quand la science aura démontré qu'elles sont nécessaires".

Quid du délai entre la 2e et la 3e injection ?

Dans son avis du mois d'avril, le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale (COSV) préconisait que pour les patients concernés la troisième dose soit administrée quatre semaines après la seconde, ou "dès que possible" si ce délai est dépassé. Si aucune nouvelle précision n'a été apportée à ce sujet depuis le dernier avis du conseil scientifique et les déclarations de Jean Castex, on imagine probable qu'un délai du même ordre soit recommandé si une troisième dose devait être généralisée aux plus de 80 ans entre autres.

Mais ce rappel pourrait aussi être généralisé. "Il est probable qu'il y ait besoin d'une troisième dose, entre six et douze mois (après les deux premières injections), et qu'il y ait ensuite un rappel chaque année", avait ainsi expliqué début avril, le dirigeant de Pfizer, Albert Bourla, à la chaîne CNBC. 

Sommes-nous "stratégiquement" prêts ?

L'Union européenne s'est dit prête ce vendredi à l'éventualité d'une troisième injection  à sa population du vaccin contre le Covid-19 de Pfizer/BioNtech, que ses fabricants proposent, a affirmé vendredi la commissaire européenne à la Santé et à la Sécurité alimentaire, Stella Kyriakides. "Nous sommes déjà préparés au cas où nous en aurions besoin, aussi bien au niveau européen qu'en termes de stratégie européenne" d'achat commun et de distribution de vaccins, a déclaré la commissaire lors d'une conférence de presse à Madrid au côté de la ministre espagnole de la Santé, Carolina Darias.  "Nous y travaillons continuellement, mais la décision sur le sujet reposera sur la science", a expliqué Stella Kyriakides. Son équipe "travaille constamment avec l'Agence européenne des Médicaments (EMA) et le Centre européen de prévention des maladies (ECDC) pour adopter une position dans les prochaines semaines ou prochains mois", a-t-elle ajouté.

Interrogé par RFI, Jean-Daniel Lelièvre, chef du service immunologie clinique et maladies infectieuses de l'hôpital Henri-Mondor à Créteil (Val-de-Marne), estime que "malgré ce que disent Moderna et Pfizer, ils n'auront sans doute pas suffisamment de vaccins pour couvrir l'ensemble de la planète" avec une troisième dose de leurs vaccins, si celle-ci est finalement jugée nécessaire.

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