42 jours au lieu de 28 entre deux doses de Pfizer et de Moderna : sur quoi se base Olivier Véran ?

42 jours au lieu de 28 entre deux doses de Pfizer et de Moderna : sur quoi se base Olivier Véran ?

VACCINATION - A partir du 14 avril, le délai entre deux doses de vaccin Pfizer ou Moderna passera de 4 à 6 semaines. Pourtant, en janvier dernier, une telle décision n'avait pas été retenue. Pourquoi un tel revirement ?

Pour recevoir la deuxième dose de son vaccin Pfizer ou Moderna, il faudra bientôt être plus patient. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé dimanche l'allongement du délai entre les deux doses de vaccin à ARN messager. "A compter du 14 avril, pour toutes les premières injections, nous proposerons un rappel à 42 jours au lieu de 28 actuellement", explique-t-il dans le Journal du dimanche. Le délai entre les deux doses sera donc porté à 6 semaines au lieu de 4, excepté pour les personnes de plus de 75 ans ou immunodéprimées. "Ça va nous permettre de vacciner plus vite sans voir se réduire la protection", détaille le ministre.

Un report de cette nature avait déjà été proposé dès le mois de janvier par la Haute Autorité de santé afin d’accélérer la campagne de vaccination, mais n'avait pas été retenu. L'immunologiste Alain Fischer, président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, et la virologue Marie-Paule Kieny, à la tête du Comité scientifique sur le vaccin Covid-19, s'étaient prononcés contre en faisant valoir le manque d’efficacité de la première dose dans la durée, ou encore l'absence de telles données dans les essais cliniques. Alors pourquoi un tel revirement de situation ?

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L'exemple britannique fait foi

Le gouvernement s'appuie surtout sur l'exemple britannique. S'affranchissant, dès le mois de décembre, des essais cliniques, les autorités britanniques avait fait le choix de retarder à douze semaines l’administration de la seconde dose de vaccin. Aujourd'hui, plus de 32 millions de personnes de plus de 50 ans ont déjà reçu une première dose, ce qui explique en partie les bons résultats du pays en matière de lutte contre le Covid-19. Après avoir longtemps été le pays le plus touché en Europe, il ne comptait samedi que 2589 nouveaux cas et 40 décès. Et pour la première fois en 6 mois, le pays n'a même déploré aucun mort le 28 mars. Sans pour autant crier victoire, le Royaume-Uni prévoit la levée de toutes les restrictions sanitaires à partir du 21 juin.

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De nouvelles études encourageantes

En France, alors que la troisième vague ne cesse de grossir et que les hôpitaux sont à deux pas du précipice, la position d'Alain Fischer, alias "Monsieur vaccin", a désormais évolué. Outre le cas anglais, de récentes études sur les effets de la vaccination montrent l'existence d’une réponse immunitaire chez la majorité des patients après une seule injection.

Dans le JDD, la professeure d'infectiologie et membre de l’Académie de médecine, Anne-Claude Crémieux, insiste cependant sur le fait que la réponse immunitaire obtenue chez les plus de 80 ans après une dose est insuffisante pour empêcher une hospitalisation. "87% des échecs au Royaume-Uni sont survenus chez des patients de plus de 80 ans", assure-t-elle.

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