Vaccination contre la grippe : ce qui change en cette année de Covid-19

Vaccination contre la grippe : ce qui change en cette année de Covid-19
Santé

SANTÉ PUBLIQUE - La campagne de vaccination contre la grippe démarre ce mardi 13 octobre. Focus sur ce qui change par rapport aux autres années, dans le contexte de la pandémie de Covid-19.

C'est une épineuse équation à résoudre, un subtil équilibre à trouver. Ce mardi 13 octobre débute, en France, la campagne de vaccination contre la grippe hivernale, alors que la pandémie de Covid-19 connaît un rebond préoccupant. Il s'agit donc, en cette singulière année 2020, d'éviter que l'épidémie de grippe saisonnière ne s'ajoute à celle du nouveau coronavirus, tout en écartant la perspective de ruptures de stock qui risqueraient de causer une incapacité à vacciner les populations les plus vulnérables aux formes graves de grippe. 

En conséquence de quoi la Haute autorité de santé (HAS) a été saisie en urgence, dès le mois de juin, par la Direction générale de la santé (DGS), afin de définir une nouvelle stratégie de vaccination pour la saison 2020-2021. 

Priorité aux populations à risque jusqu'au 30 novembre

Dans une lettre datée du 20 août et adressée à l'Ordre national des pharmaciens, la DGS demande ainsi aux officines de réserver les vaccins contre la grippe aux seules populations à risque, a minima jusqu'au 30 novembre. On parle là des personnes âgées de 65 ans et plus, des personnes de moins de 65 ans souffrant de maladies chroniques, des femmes enceintes et des personnes souffrant d'obésité (c'est-à-dire celles dont l'indice de masse corporel est supérieur ou égal à 40). 

Près de 16 millions de personnes sont concernées, et donc destinataires d'un bon de prise en charge du vaccin, envoyé par l'Assurance maladie, auxquelles il faut ajouter les 316.060 professionnels de santé libéraux qui en sont aussi bénéficiaires. "Les pharmacies sont invitées à privilégier ce public-là", a  pris soin de préciser le ministre de la Santé, Olivier Véran, jeudi 8 octobre.

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De son côté, la HAS "recommande que les sujets identifiés comme contacts possibles d’un cas de Covid-19, et éligibles à la vaccination contre la grippe, voient leur vaccination reportée à l’issue de la période d’isolement strict de 14 jours recommandée en l’absence d’apparition de symptômes en accord avec les préconisations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS)"

Se faire vacciner dans le respect des mesures barrières

En outre, cette campagne de vaccination doit s'inscrire dans le protocole sanitaire actuel, la HAS rappelant en effet par ailleurs "l'importance d’organiser au mieux les consultations vaccinales et de respecter les mesures barrières afin de protéger les professionnels et les patients et d’éviter la transmission du virus SARS-CoV-2 sur les lieux de soins (espacement des consultations sur rendez-vous et si possible, isolement des personnes suspectes de COVID-19, aération et nettoyage réguliers des locaux, lavage des mains, port de masque, désinfection des surfaces, limite du nombre d’accompagnant à une personne...)".

Le nombre de doses commandées sera-t-il suffisant ?

"Pour la première fois, en plus des commandes des officines, nous avons procédé à des sécurisations de commandes d'État et nous avons 30% de doses de vaccins en plus que les années précédentes", avait, pour sa part, assuré Olivier Véran, lors d'une audition au Sénat le 24 septembre. Car, alors que l'hiver approche, la compétition entre pays pour des vaccins risque de s'accroître. Cela a incité les laboratoires pharmaceutiques à augmenter leur production, comme Sanofi (+20%), mais la DGS n'a, pour l'heure, pas été en mesure de préciser de combien de doses on disposait en France.

L'enjeu de la couverture vaccinale

Outre les vaccins InfluvacTetra (du laboratoire Mylan) et VaxigripTetra (de Sanofi Pasteur), disponibles sur le marché français, l’État a, cette année, commandé des vaccins américains "haute dose", le Fluzone High Dose, indique-t-on au ministère de la Santé. L'autorisation d’importation dépendait de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). C'est la HAS qui, fin juillet, avait recommandé d’intégrer à la stratégie de vaccination le Fluzone de Sanofi, spécifiquement destiné "aux 65 ans et plus et tout particulièrement les plus à risque, en cas de tensions d’approvisionnement"

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L’épidémie de grippe saisonnière

Rappelons, pour finir, que la grippe saisonnière touche chaque hiver 2 à 6 millions de Français et entraîne un grand nombre de passages aux urgences et d'hospitalisations. Elle est responsable de 8.000 à 14.500 décès au cours des trois dernières saisons grippales, dont la très grande majorité chez des personnes vulnérables. Chez ces dernières, la couverture vaccinale n'était d'ailleurs que de 48% en 2019-2020, très loin de l'objectif de 75% fixé par l'OMS, ce qui fait craindre un taux encore plus bas en cette période de pandémie... 

Un enjeu de santé publique majeur, alors que des co-infections (en même temps au Covid-19 et à la grippe) ont été recensées dans plusieurs pays, doublant le risque de décès chez ces personnes, selon la revue médicale BMJ

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