Non, les tests de vaccin anti-Covid sur les animaux n'ont pas été arrêtés "parce qu'ils mouraient"

Non, les tests de vaccin anti-Covid sur les animaux n'ont pas été arrêtés "parce qu'ils mouraient"

RECHERCHE - Un internaute assure, vidéo à l'appui, que les laboratoires n'ont pas réalisé les essais cliniques des vaccins contre le coronavirus sur les animaux, sous prétexte que ces derniers en "mouraient". C'est faux.

Pour commercialiser aussi rapidement leurs vaccins, les laboratoires auraient négligé une précieuse étape. Celle des essais sur les animaux. Pire, ces tests auraient été suspendus parce que les bêtes "mouraient". Dans un tweet accompagné d'une vidéo vue près de 88.000 fois, un internaute assure ce vendredi 14 mai qu'un législateur américain a fait cette révélation lors d'une "audience de Sénat". Sous-entendu, les vaccins sont dangereux. "Si ce n'était pas clair avant, ça devrait l'être maintenant, on vous a dupés", écrit-il. Pourtant, rien ne corrobore cette accusation. 

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Un échange capturé au Sénat texan

Ce reproche tire son origine d'une vidéo qui nous vient des États-Unis. Nous sommes remontés jusqu'à son origine. Le logo en bas à droite de l'image nous indique qu'on est au Texas et le bandeau du bas qu'il s'agit très exactement d'une audience du Comité sénatorial du Texas chargé des affaires internes de l'État. Sur le site du Sénat texan, qui met en ligne les archives des différentes audiences, on retrouve une vidéo récente dans laquelle la disposition des lieux évoque celle de la séquence diffusée sur Twitter. Prise le 6 mai dernier, on y reconnait à la 40e minute la femme de dos faisant face à la tribune. 

Selon la presse locale, il s'agit d'une audience publique qui devait permettre d'étudier une proposition de loi du sénateur Bob Hall, élu républicain qui s'est déjà distingué localement pour avoir diffusé des fausses informations sur l'épidémie. Ce projet de loi en question visait à interdire à toute entité - publique ou privée - d'exiger la vaccination des employés. 

Dans la séquence - découpée et devenue virale - on entend donc ce législateur défendre son projet. Pour ce faire, il interroge notamment une pédiatre, la Dr Angelina Farella, déjà épinglée par le passé pour avoir propagé, elle aussi, de fausses informations sur les vaccins. Lors de cette discussion, le sénateur interroge donc la spécialiste. "Avez-vous déjà vu un autre vaccin mis à la disposition du public qui a sauté les tests sur les animaux ?", demande-t-il, sans sourcer son information. Ce à quoi l'intéressée répond : "Jamais auparavant - et encore moins pour les enfants". Après quoi le législateur se tourne vers la tribune et lance : "J'ai lu qu'ils ont en fait commencé les tests sur les animaux et parce que les animaux étaient en train de mourir, ils ont arrêté les tests." Selon lui, c'est donc la preuve que les Américains "sont des cobayes". 

Plusieurs essais sur les animaux ont été réalisés

Sauf que cette information a été créée de toute pièce. Si les laboratoires sont effectivement passés par une procédure accélérée, les essais, sur les animaux et les humains, ont été intégralement réalisés avant que les vaccins ne reçoivent le feu vert des autorités sanitaires. Ces données sont d'ailleurs toutes publiques. Dans les revues médicales, on trouve deux phases précliniques pour les laboratoires Pfizer et BioNTech. L'une sur des souris, l'autre chez le singe. Idem lors du développement du vaccin de Moderna. La première étude préclinique publiée en juillet montrait que des singes vaccinés éliminaient rapidement l'agent pathogène, tandis qu'une deuxième relevait que le produit prévenait l'infection chez la souris. Quant à AstraZeneca, qui n'est pas disponible aux États-Unis, là encore les essais ont bien été réalisés sur des animaux, plus précisément sur des macaques

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Alors pourquoi cette fausse information ? Surement en raison des inquiétudes, répandues dans la sphère anti-vaccin, sur la rapidité à laquelle les produits ont été mis au point. Une brièveté déjà longuement expliquée par le passé, et notamment dans cet article. Interrogé en novembre dernier sur cette question, Frederik Tack, le vice-président du comité vaccins du Leem, l'organisation professionnelle des entreprises du médicament opérant en France, assurait qu'il n'y avait eu aucun "raccourci". Pour rappel, ce délai étonnamment court s'explique par plusieurs facteurs, parmi lesquels l'accélération des phases de développement - certains laboratoires s'appuyant sur des recherches antérieures - un séquençage très rapide du virus et la collaboration accrue avec les autorités.

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