Vaccination : la France pourra-t-elle tenir le calendrier annoncé ?

Vaccination : la France pourra-t-elle tenir le calendrier annoncé ?

MISSION IMPOSSIBLE ? - La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé ce jeudi que la première phase de la campagne de vaccination contre le Covid-19 démarrerait en UE le 27 décembre. La France vise à vacciner un million de personnes vaccinées en 6 à 8 semaines. Un objectif atteignable ?

Après les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, la France s'apprête à son tour, comme le reste de l'Europe, à lancer une vaste campagne de vaccination contre le Covid-19. Ce jeudi, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé qu'elle débuterait le 27 décembre dans tous les pays de l'Union. En France, la première étape de cette campagne doit concerner un million de personnes dans les Ehpad, à la fois les pensionnaires et le personnel soignant. "Cette première phase s’échelonnera sur une période de 6 à 8 semaines, pour tenir compte du délai de 21 jours entre la 1ère vaccination et le rappel", a indiqué Jean Castex lors d'un point devant les députés. La campagne sera ensuite élargie aux autres personnes considérées comme prioritaires par la HAS. Elle visera alors 14 millions de Français. Mais entre le stockage, la distribution et l'administration de ces vaccins, le pays arrivera-t-il vraiment à tenir son calendrier ?

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Un retard de "deux ou trois jours" possible

Pour l'infectiologue à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart, Imad Kansau, cela risque d'être "un petit peu difficile" en raison notamment de l'étude du vaccin Pfizer-BioNTech par l'Agence européenne du médicament, fixée au 21 décembre. Dans un communiqué, elle a souligné qu'elle ne trancherait en sa faveur "que si les données sur la qualité, la sécurité et l'efficacité du vaccin sont suffisamment solides et complètes pour déterminer si les bénéfices du vaccin l'emportent sur les risques qui y sont liés". S'il estime que "la logistique se prépare assez bien", l'infectiologue, joint par LCI, insiste sur le fait qu'il "risque d'y avoir un petit retard de deux ou trois jours". "Je pense que nous pourrons démarrer un peu sereinement début janvier", estime-t-il.

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Campagne de vaccination contre le Covid-19 : un retard au démarrage de "deux ou trois jours" possible

Sur le plateau de LCI, la médecin généraliste Marie-Laure Alby considère l'horizon du 28 décembre, évoqué par Jean Castex, comme un simple objectif. "Un objectif de date, ça permet de mobiliser tout le monde. Je suis tout à fait pour. En revanche je crois que la mobilisation doit être à la fois sur les territoires et en haut, pour vérifier que toutes les réglementations sont appliquées", fait-elle savoir.

L'enchaînement est organisé.- Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée en charge de l'Industrie

Pour cette première étape de la campagne de vaccination, la France a précommandé 200 millions de doses. "Elles seront livrées au fur et à mesure de la capacité de production des différents laboratoires", dès lors que l'Agence européenne aura donné son feu vert, a expliqué mardi à LCP la ministre déléguée chargée de l'Industrie, Agnès Panier-Runacher. Elle indique d'autre part que les "équipements pour permettre le transport des vaccins ont été commandés par le ministère de la Santé". Et d'ajouter : "L'enchaînement est organisé, mais la principale vulnérabilité, c'est la capacité des sites industriels à fabriquer les quantités sur lesquelles ils se sont engagés dans un premier temps". Selon le premier ministre, environ 1,16 millions devraient être livrées "d'ici la fin de l'année". "Nous devrions recevoir 677.000 doses supplémentaires autour du 5-6 janvier" puis "environ 1,6 million de doses en février", a-t-il ajouté lors de son allocution mercredi.

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137.000 personnes vaccinées en une semaine au Royaume-Uni

N'étant plus dépendant de l'Agence européenne du médicament, le Royaume-Uni a pour sa part entamé sa campagne de vaccination il y a une semaine, après avoir obtenu le "go" de son agence du médicament, la MHRA, le 2 décembre et reçu une première livraison de 800.000 doses. Mercredi, le ministère de la Santé britannique a annoncé que plus de 137.000 personnes avaient déjà reçu leur première dose du vaccin Pfizer-BioNTech.

"La majorité" de ces vaccins ont été administrés à des personnes âgées de plus de 80 ans, à des personnels employés dans les maisons de retraite et du système public de santé, a précisé dans un communiqué le ministère de la Santé. Devant les députés, le Premier ministre Boris Johnson a salué un "bon départ" cette campagne de vaccination, dont la première étape ne pourra concerner au maximum que 400.000 Britanniques, en attendant la prochaine livraison de Pfizer. Le gouvernement espère recevoir 4 millions de doses supplémentaires d’ici à la fin 2020. Depuis le début de la pandémie, le Royaume-Uni dénombre près de 65.000 morts, ce qui en fait le plus endeuillé d'Europe avec l'Italie.

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