"Faites-moi confiance, allez vous faire vacciner" : la lanceuse d'alerte Irène Frachon interpelle les récalcitrants

La lanceuse d'alerte Irène Frachon, à l'origine des révélations dans l'affaire du Mediator, a renouvelé ce mardi sur LCI son appel à ceux qui refusent encore de se faire vacciner.

APPEL - La pneumologue Irène Frachon, qui a révélé le scandale du Mediator, appelle les récalcitrants à aller se faire vacciner contre le Covid-19. D'après elle, "le bénéfice" du vaccin est "prouvé et massif" et ses effets secondaires rarement sévères".

Elle avait gardé le silence depuis le début de la pandémie. Dans une tribune et une interview publiées ce lundi soir dans Le Parisien, Irène Frachon, la pneumologue lanceuse d'alerte dans l'affaire du Mediator appelle les Français à aller se faire vacciner contre le Covid-19. Elle explique à Bénédicte le Chatelier les raisons qui l'ont poussée à sortir de sa réserve, et sa position radicalement opposée au mouvement anti-vaccin qui voulait en faire son égérie

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Covid-19 : le défi de la vaccination

À l'origine de sa prise de parole : le ras-de-bol de voir son nom repris par les groupes anti-vaccins sur les réseaux sociaux. "En tant que lanceuse de l’alerte sur le Mediator, je vois revenir la question sur les réseaux sociaux : 'Que pense Irène Frachon de la vaccination contre la Covid ?' par des personnes généralement convaincues que je serais, en tant que lanceuse d’alerte longtemps opposée aux autorités sanitaires, 'forcément' hostile à ces vaccins. Or, c’est tout l’inverse que je pense !", écrit-elle dans sa tribune

"De fil en aiguille", explique-t-elle sur LCI, "le fait d'avoir lancé une alerte (sur le Mediator, NDLR) - qui a d'ailleurs amené à un procès et une condamnation des autorités de santé"- a été interprété comme si j'étais une sorte de militante anti-système, anti-tout et en particulier aspirée par le trou noir des anti-vaccins"

"C’est-à-dire", détaille la pneumologue, "ceux qui de façon indifférenciée vouent aux gémonies toute vaccination, que je tiens pour un des moyens thérapeutiques qui ont sorti l'humanité de drames épidémiques majeurs au cours de notre histoire"

Je suis vaccinée moi-même, et j’ai vacciné toute ma famille- Irène Frachon

Dans sa tribune, Irène Frachon expliquait avoir "constaté les formes très graves que pouvait prendre" le virus. "Dans bien des régions de France, les hôpitaux ont été au bord de la rupture. J’ai perdu des amis qui n’auraient pas dû mourir", révélait-elle. 

Ainsi qu'elle le raconte à LCI, c'est ce qui a rendu "insupportable au médecin" qu'elle est, de devenir la "caution" involontaire des "anti-vax" : "Je vois tous les jours des gens mourir ou souffrir de l’infection Covid, puisque vous savez qu’on meurt d’une atteinte pulmonaire,  L’analyse que j’ai faite des vaccinations proposées me donne un espoir formidable qu’on commence un petit peu à émerger de ce drame". "Je conseille tous les jours à mes patients, souvent très à risques (...) de se faire vacciner", insiste-t-elle,  "je suis vaccinée moi-même et j’ai vacciné toute ma famille." 

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Irène Frachon ne renie rien de son combat contre les laboratoires Servier à propos du Mediator. Mais elle refuse l'amalgame avec les vaccins anti-Covid: "Le Mediator était l’exemple de ce qu’il ne fallait pas faire. Je comprends que ça ait pu ébranler les gens. Mais sur les vaccins, ça se passe bien (...). Les résultats de cette vaccination, à la fois dans les études cliniques et dans la vraie vie, me semblent extraordinairement convaincants." 

Elle confirme ainsi son appel sur LCI : " Oui j’encourage la vaccination anti-covid comme une des armes majeures dont nous disposons aujourd’hui pour nous sortir de ce cauchemar du Covid, et retrouver un espace de liberté que nous avons perdu depuis maintenant 18 mois"

La crainte d'une "quatrième vague"

Interrogée sur une éventuelle vaccination obligatoire des soignants, elle s'y montre également ouverte : "Je préférerais que l’immense majorité se vaccinent, parce que c’est logique et parce que c’est aussi quand même un devoir, quand tous les jours on peut exposer les personnes vulnérables que sont nos patients. Donc je ne suis pas choquée par l’idée de l’obligation". 

Pour étayer son propos et contrer l'argumentaire des anti-vaccins, elle rappelle l'obligation du port de la ceinture : "Quand l’obligation de la ceinture a été décidée, il y avait aussi eu une levée de boucliers contre cette 'atteinte insupportable à nos libertés'. C’est le cas aussi du confinement, d’ailleurs. Donc à choisir entre deux “atteintes insupportables”, je préfère des obligations ciblées et pédagogues”

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Si la scientifique est finalement sortie de son silence, c'est aussi parce qu'elle partage la crainte de nombreux épidémiologistes, celle d'une "quatrième vague", qui risque d'être "meurtrière", avec "d’autres drames humains". Et de conclure sa tribune matinale : "Il faut aussi à tout prix éviter les conséquences dramatiques d’un nouveau confinement. Si on ne se vaccine pas suffisamment, on risque une agonie sociale".

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